Yémen : plus de 60 morts dans des affrontements entre rebelles houthis et forces gouvernementales

Des affrontements entre les forces gouvernementales yéménites et les rebelles houthis ont fait plus de 60 morts samedi, dont des civils tués dans une frappe de missile sur un bus, marquant une nouvelle flambée de violence dans un conflit resté relativement calme depuis 2022.

Des combats meurtriers sur plusieurs fronts

Des affrontements entre les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite et les rebelles houthis ont fait plus de 60 morts samedi, incluant des civils, ont indiqué à l’AFP des sources médicales et militaires. Selon trois sources militaires yéménites, 26 soldats gouvernementaux ont été tués après plusieurs heures de combats dans le sud-ouest du Yémen, tandis que des sources médicales et militaires proches des Houthis ont fait état de 31 combattants rebelles tués. Une source médicale dans la ville de Taëz, contrôlée par le gouvernement, a indiqué qu’une frappe de missile avait tué six civils voyageant à bord d’un bus et en avait blessé sept autres.

Une trêve rompue après quatre ans de calme relatif

Ces combats marquent la fin d’une période de calme informel amorcée par une trêve négociée sous l’égide de l’ONU en 2022, alors que le Yémen, pays le plus pauvre de la région arabe, se retrouve de nouveau au bord d’un nouvel épisode de guerre civile. Les combats se sont multipliés ces dernières semaines sur plusieurs fronts, notamment dans les provinces de Marib, al-Jawf, Hadramaout, Hodeïda, Taëz, al-Dhale et Lahj. Cette résurgence des violences est liée à des développements à la fois locaux et régionaux : fin juin, alors que les tensions régionales s’intensifiaient en raison de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, le gouvernement yéménite internationalement reconnu et les Houthis ont commencé à mobiliser une partie de leurs combattants respectifs.

Des alliances régionales qui se recomposent

Le conflit yéménite oppose depuis 2015 le gouvernement internationalement reconnu, appuyé par une coalition menée par l’Arabie saoudite, aux rebelles houthis, mouvement chiite zaïdite soutenu par l’Iran, qui contrôlent la capitale Sanaa et une grande partie du nord du pays, la zone la plus peuplée. Les Émirats arabes unis, longtemps alliés de Riyad au sein de cette coalition, ont soutenu de leur côté le Conseil de transition du Sud (STC), une force séparatiste qui a lancé fin 2025 une offensive dans le sud du pays, capturant plusieurs zones du gouvernorat de l’Hadramaout. Cette offensive a provoqué une rupture entre Riyad et Abou Dhabi début janvier 2026 : l’Arabie saoudite est intervenue militairement pour contraindre les Émirats arabes unis à retirer officiellement leurs forces du Yémen, entraînant la dissolution du Conseil de transition du Sud, qui avait perdu l’ensemble des territoires qu’il contrôlait.

Les Houthis, également engagés contre Israël

Parallèlement à leur confrontation avec le gouvernement yéménite, les Houthis ont repris fin mars 2026 leurs tirs de missiles balistiques contre Israël, en coordination avec l’Iran, dans le cadre de la guerre déclenchée cette année-là entre Washington et Téhéran, avant une accalmie consécutive au cessez-le-feu du protocole d’Islamabad.

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