La CEDEAO signe l’accord intergouvernemental du gazoduc Nigeria-Maroc à Freetown

Les chefs d’État de la CEDEAO ont signé dimanche à Freetown l’accord intergouvernemental encadrant le développement du Gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc, une initiative portée depuis 2018 par le Roi Mohammed VI.

Un accord signé en marge du sommet de Freetown

Le sommet des chefs d’État et de Gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a accueilli, dimanche à Freetown, en Sierra Leone, la signature de l’Accord intergouvernemental (IGA) encadrant le développement du Gazoduc africain atlantique (AAGP) Nigeria-Maroc, une infrastructure énergétique de près de 6.800 kilomètres destinée à acheminer le gaz naturel du Nigeria vers le Maroc, avant son raccordement au réseau gazier européen.

Une initiative royale devenue projet continental

Cette signature marque l’adhésion des États membres de la CEDEAO au Gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc, initié par le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian, feu Mohammadu Buhari, avec le soutien réitéré de l’actuel président nigérian Bola Ahmed Tinubu. Ce projet est développé par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd). Lancé comme une initiative stratégique conjointe entre le Maroc et le Nigeria, le Gazoduc africain atlantique s’affirme désormais comme un projet porté par l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

« Ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera chez vous »

« Nous avons signé l’accord relatif au gazoduc Afrique de l’Ouest-Maroc, ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera chez vous », a déclaré le président en exercice de la CEDEAO, le chef d’État sierra-léonais Julius Maada Bio, lors de la cérémonie.

Une infrastructure traversant treize pays

Le gazoduc doit traverser treize pays africains le long de la façade atlantique, avec une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, dont jusqu’à 15 milliards de mètres cubes exportables vers le Maroc et l’Europe. L’investissement est estimé à environ 25 milliards de dollars. La société de projet sera basée à Casablanca, tandis que l’autorité de gouvernance du gazoduc (Pipeline Higher Authority) doit avoir son siège à Abuja.

Des études techniques déjà achevées

L’ONHYM et la NNPC Ltd indiquent que les principales études techniques, environnementales et d’ingénierie sont désormais achevées, permettant au projet d’entrer progressivement dans sa phase de développement opérationnel, après la signature à Rabat, par le Maroc et la Mauritanie, de ce même accord. Le Maroc et la Mauritanie, qui ne sont pas membres de la CEDEAO, doivent parapher l’accord lors d’une cérémonie distincte, prévue ultérieurement, en présence du président Bola Ahmed Tinubu.

Un accueil salué par plusieurs dirigeants ouest-africains

Plusieurs responsables présents au sommet ont salué l’initiative du Roi Mohammed VI. Le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, l’a qualifiée d' »une des initiatives les plus transformatrices jamais entreprises dans la région ouest-africaine, au service de notre avenir commun ». Le président libérien Joseph Boakai a estimé que ce projet, « fruit de la vision éclairée » du Souverain, constitue « un investissement transformateur pour l’avenir collectif de toute la région ». Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a salué une initiative qui « renforcera l’intégration régionale et la connexion des États du Sahel à l’océan », tandis que son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa, a félicité le Souverain pour « cette initiative historique ». La Gambie et la Sierra Leone ont également salué, par la voix de leurs chefs de la diplomatie respectifs, Sering Modou Njie et Timothy Kabba, un projet porteur d’espoir pour l’ensemble de la région.

Un corridor de développement au-delà de l’énergie

Au-delà de son rôle énergétique, cette infrastructure entend constituer un véritable corridor de développement reliant les économies africaines, renforçant leur intégration et leur compétitivité, et faisant de la sécurité énergétique du continent un levier essentiel de souveraineté, d’industrialisation et de prospérité partagée.

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