« La France devient ainsi le troisième pays au monde, après les États-Unis et la Chine, à concevoir des profileurs Argo capables d’explorer ces profondeurs extrêmes », indique l’Ifremer dans un communiqué.
Ces nouveaux profileurs permettront de mesurer en temps réel la salinité, la température, l’oxygène et la pression des grands fonds, afin de mieux connaître l’impact du changement global jusqu’à 6.000 mètres de profondeur, précise l’Institut.
« Nous allons pouvoir traquer le réchauffement climatique jusque dans les abysses océaniques », a indiqué Virginie Thierry, océanographe physicienne à l’Ifremer, citée dans un communiqué.
« Nous pourrons également obtenir des informations sur la circulation océanique profonde qui contribue au stockage dans l’océan profond des signaux climatiques comme la chaleur ou le carbone, et affiner les modèles de prévisions océaniques », a-t-elle ajouté.
Les flotteurs profileurs sont programmés sur un cycle de dix jours pour plonger à ces profondeurs extrêmes puis remonter à la surface. Lors de cette remontée, ils collectent les données physico-chimiques de la profondeur à la surface et transmettent ensuite les données par satellite, détaille l’institut.
Lancé au début des années 2000, le programme Argo est composé de 4.000 flotteurs profileurs dérivant sur les mers et océans du globe, qui mesurent la température, la salinité et d’autres paramètres en temps quasi réel. Une trentaine de pays participent à ce réseau à travers le monde.
« La flotte de profileurs d’Argo opérée par la France devrait compter 30 flotteurs capables de plonger à 6.000 mètres d’ici à 2028, principalement déployés en Atlantique Nord. Ils viendront compléter les 270 flotteurs capables de plonger jusqu’à 2.000 ou 4.000 mètres », d’après la même source.

