Nouvelles frappes de la France sur la résidence de Gbagbo qui refuse toujours de se rendre

Les militaires français de l’opération “Licorne” ont de nouveau attaqué mercredi soir la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, qui refuse toujours de se rendre.

Nouvelles frappes de la France sur la résidence de Gbagbo qui refuse toujours de se rendre
Après l’échec de l’assaut lancé dans la matinée par les forces du président élu Alassane Ouattara contre les derniers bastions de son rival, deux hélicoptères de la Licorne ont frappé des objectifs militaires à la résidence officielle du chef de l’Etat.

Ces nouvelles attaques, après celles menées mardi par des hélicoptères de combat de la Licorne et de l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et qui ont détruit l’essentiel de l’armement lourd des militaires encore fidèles à Gbagbo, sont intervenues après l’exfiltration réussie de l’ambassadeur du Japon.

A la demande de l’ONU et du Japon, la force Licorne est "intervenue ce soir (mercredi) pour exfiltrer l’ambassadeur et ses collaborateurs de la résidence du Japon", sur les toits de laquelle "des miliciens pro-Gbagbo avaient installé des armes lourdes", "menaçant les ambassadeurs voisins et les populations civiles", selon l’ambassade de France à Abidjan.

L’ambassadeur japonais Yoshifumi Okamura et ses collaborateurs "sont désormais sains et saufs et en sécurité au camp (militaire français) de Port-Bouët", dans le sud d’Abidjan, ajoute la même source.

A Paris, le ministre français de la Défense Gérard Longuet a révélé que les hélicoptères français ont détruit deux pick-ups armés qui tentaient de pénétrer dans la résidence de l’ambassadeur de France.

"Deux pick-ups armés venant de la résidence de l’ancien président Gbagbo se sont efforcés de pénétrer dans la résidence de France en tirant", a-t-il dit devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat.

Des hommes armés avaient fait irruption mercredi matin dans la résidence de l’ambassadeur du Japon, située dans le quartier chic de Cocody, qui abrite la résidence présidentielle, et installé du matériel militaire sur le toit. Ils ont ensuite commencé à tirer des roquettes et coups de canon depuis le bâtiment.

L’assaut lancé par les forces pro-Ouattara contre le bunker où s’est réfugié Gbagbo avec sa famille et sa garde rapprochée, n’a pas réussi et les tirs à l’arme lourde avaient cessé durant toute l’après-midi.

Nouvelles frappes de la France sur la résidence de Gbagbo qui refuse toujours de se rendre
Le président sortant, et en dépit des coups durs subis ces derniers jours après l’offensive éclair des forces de Ouattara qui contrôlent désormais tout le territoire national, de la défection des principaux hauts gradés de son armée et de son appel à un cessez-le-feu, refuse de démissionner et de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010.

Mais le chef de la diplomatie française Alain Juppé a affirmé jeudi que la chute de Laurent Gbagbo interviendrait "inéluctablement", sans se risquer toutefois à dire quand. "Après la chute de Gbagbo qui interviendra inéluctablement, il faudra appuyer la politique de pardon, de réconciliation nationale, d’ouverture politique que devra conduire le président (Alassane) Ouattara", a déclaré Alain Juppé, lors d’une audition devant des sénateurs. La chute de Gbagbo "interviendra inévitablement dans… je ne vais pas dire les heures ou les jours qui viennent, je suis prudent", a-t-il ajouté.

Sur le plan humanitaire, les affrontements de ces derniers jours entre les deux camps ont plongé Abidjan dans la peur et créé une situation "dramatique", selon l’ONU. La population, victime des pillages et des descentes nocturnes des milices armées pro-Gbagbo, vit dans la peur et reste terrée chez elle toute la journée. L’eau, l’électricité et le téléphone sont coupés dans certains quartiers, et d’autres commencent à manquer de nourriture.

Dans ce contexte d’insécurité, plusieurs diplomates et journalistes ont demandé l’aide des Etats-Unis pour leur exfiltration. Le Département d’Etat américain a ainsi révélé mercredi que les diplomates indiens et israéliens ainsi qu’une vingtaine de journalistes avaient sollicité l’aide des Etats-Unis pour quitter Abidjan. "Ils nous demandent de l’aide et nous relayons leurs inquiétudes et leurs besoins à Licorne et à l’Onuci", a déclaré William Fitzgerald, sous-secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Afrique.

Quelque 800 ressortissants étrangers ont quitté Abidjan ces derniers jours et sont acheminés vers Lomé, Dakar ou Accra, alors que près de 2.000 ressortissants étrangers se trouvent actuellement à Port-Bouët (base de Licorne, près de l’aéroport) sous protection française.

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