Matchs truqués en Italie : de nouveaux joueurs arrêtés

L’affaire des matchs truqués dite "Calcioscommesse", qui secoue le monde du football en Italie depuis l’été dernier, a connu, lundi, un nouveau rebondissement avec l’arrestation de 19 personnes, dont dix joueurs notamment de Série A, parmi eux le capitaine de la Lazio Rome, Stefano Mauri.

Les intéressés ont été arrêtés pour "association de malfaiteurs à des fins de tricherie et de fraude sportive" dans le cadre de l’enquête du parquet de Crémone (nord) sur des matches arrangés par les officines de paris.

Les arrestations ont visé plusieurs villes et plusieurs clubs italiens.

Les matches truqués pouvaient rapporter jusqu’à 2 millions d’euros pour une seule rencontre, a affirmé le procureur de Crémone en charge de l’enquête, Roberto Di Martino.

Au moment où ces arrestations étaient opérées, l’international italien Domenico Criscito (19 sélections) a été soumis à interrogatoire, en tant que témoin assisté, sur le lieu même où la "squadra azzurra" prépare l’Euro-2012 à Florence (nord).

Parallèlement, le défenseur du Zénith Saint Petersbourg a vu son domicile à Gênes (nord-ouest) faire l’objet de perquisition par les enquêteurs.

Dans la foulée, le sélectionneur de l’Italie, Cesare Prandelli, a communiqué une liste de 25 joueurs pour l’Euro-2012 (8 juin-1er juillet) en Ukraine et en Pologne où ne figure pas Criscito qui aurait émis le souhait de "clarifier sa situation" judiciaire.

Le domicile de l’entraîneur de la Juventus Turin, Antonio Conte, a été perquisitionné aussi dans le cadre de la même enquête. Les faits le concernant remontent à la saison dernière lorsqu’il entraînait Sienne en deuxième division (Série B).

Il s’agit là de la troisième vague d’arrestations après celles de novembre 2011 et d’avril 2012.

Ce nouveau développement intervient alors que la justice sportive italienne s’apprête à juger, jeudi, 22 clubs et 61 joueurs ou ex-joueurs dans le cadre de l’enquête de Crémone.

L’enquête, qui concerne des paris clandestins et des matches truqués en Séries A et B et en Lega Pro (3e div), avait mis en lumière un réseau qui prendrait ses racines notamment à Singapour.

Le journal "La Gazzetta dello sport", qui s’était procuré le dossier de l’instruction de 611 pages, avait cité, en juin dernier, trois groupes mafieux qui auraient manipulé des matchs, le ”groupe de Bologne”, le plus actif, ainsi que les ”Gitans” et les ”Albanais”.

Cinq Hongrois soupçonnés d’être à la tête d’une de ces organisations mafieuses de paris figurent parmi les 19 personnes arrêtées lundi.

L’affaire "Calcioscommesse" a surgi après le scandale du "calciopoli" qui avait éclaté il y a près de cinq ans suite à des révélations sur le choix par certains clubs d’arbitres ”bienveillants”. Ce scandale avait provoqué le retrait de deux titres à la Juventus ainsi que sa relégation en deuxième division, et des retraits de points à l’AC Milan, la Lazio, la Fiorentina et la Reggina.

Auparavant, le "Totonero" (loto noir) avait coûté en 1980 trois ans de suspension à l’attaquant mythique de la Juve, Paolo Rossi, qui avait été par la suite blanchi pour le Mondial-1982, que l’Italie avait remporté.

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