Les religions sceptiques sur la neutralisation de 3 jours fériés chrétiens

Les religions ont fait part de leur scepticisme vendredi sur une proposition de l’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) d’ouvrir un débat national afin de “neutraliser” trois jours fériés “d’origine chrétienne”.

A l’occasion de leurs assises annuelles, les DRH ont préconisé de "neutraliser trois des six jours fériés d’origine chrétienne (Pentecôte, Ascension, 15 août jour de l’assomption) afin que les salariés puissent les prendre comme ils le souhaitent". Les DRH proposent de conserver Noël, le lundi de Pâques et la Toussaint en raison de leur "forte dimension sociétale".

L’objectif serait de permettre aux salariés de confession musulmane ou juive, par exemple, de pouvoir bénéficier de ces trois jours afin de célébrer leurs fêtes religieuses.

"La conférence des évêques de France est prudente", a commenté auprès de l’AFP son porte-parole Bernard Podvin, jugeant que la proposition de l’ANRH "n’est pas la bonne réponse à la diversité".

Selon lui, cette question n’a jamais été discutée par les religions mais pourrait l’être à la prochaine réunion de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), à l’automne.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) plaide de son côté pour "une meilleure utilisation du dispositif actuel qui donne aux fonctionnaires et aux salariés l’autorisation de s’absenter lors des jours de fêtes religieuses non fériées".

"Cette autorisation peut être refusée si une désorganisation du service de l’administration ou l’activité de l’entreprise est à craindre", précise le CFCM qui doit mettre en place une commission pour établir un calendrier lunaire.

Le plus souvent, les musulmans attendent l’apparition d’une nouvelle lune pour fixer la date de leurs fêtes, ce qui les met dans l’impossibilité de faire des demandes d’absence précises.

"La mise en place d’un calendrier lunaire basé sur le calcul scientifique permettrait aux administrations et aux entreprises de mieux prendre en compte les demandes d’absence des fonctionnaires et des salariés de confession musulmane qui en expriment le souhait", explique dans un communiqué le CFCM en souhaitant que le débat demandé par l’ANRH se fasse dans le "respect des convictions de tous nos concitoyens".

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