La ministre française des Armées en Irak

La ministre française des Armées est arrivée mercredi soir à Bagdad, la deuxième visite ministérielle en six semaines pour la France, soucieuse de manifester son soutien au nouveau gouvernement irakien, en proie à une crise politique, économique et sanitaire.

Selon son cabinet, Florence Parly devait s’entretenir dans la matinée avec le commandant des forces de la coalition internationale antijihadiste, le président Barham Saleh et le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, en poste depuis mai. Elle déjeunera ensuite avec son homologue irakien, Jumaa Enad Al-Joubouri.

Sa visite intervient peu après celle du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian et reprend ses thèmes majeurs : la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et le respect de la souveraineté de l’Irak, où Iraniens et Américains jouent des muscles.

Mme Parly devrait aussi évoquer avec ses interlocuteurs les “ingérences turques” sur le territoire irakien, en particulier les frappes aériennes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, opposition kurde en Turquie) au Kurdistan irakien.

“On est passé à un niveau d’entorse à la souveraineté irakienne qui est préoccupant”, soulignait-on mercredi au ministère des Armées, réitérant “le plein soutien de la France à la souveraineté irakienne, dans le cadre d’un équilibrisme régional compliqué”.

En matière de lutte antiterroriste, Paris alerte régulièrement la communauté internationale sur le besoin de ne pas baisser la garde face à l’EI alors que les tensions américano-iraniennes du début de l’année et la crise sanitaire mondiale ont placé le sujet au second plan.

“On détecte des éléments de réorganisation de Daech (l’acronyme arabe de l’EI, ndlr) dans la clandestinité qui n’était pas imprévue, mais qui est un vrai défi pour l’Irak”, souligne le ministère.

Les dissensions au sein de la coalition, dont fait partie la France, ne cessent de s’exacerber. Les Européens notamment accusent Washington de mettre en danger la présence des troupes étrangères anti-EI en effectuant unilatéralement des raids contre des factions chiites favorables à l’Iran.

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