Le président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Driss El Yazami, a souligné la nécessité de bâtir une gouvernance migratoire renouvelée, aux niveaux national, régional et international afin de mieux répondre aux mutations profondes que connaissent les dynamiques migratoires.
S’exprimant lors d’un séminaire organisé du 18 au 20 février à Barcelone sous le thème « Travailleurs mobiles en Europe : droits, protections et structures représentatives », M. El Yazami a mis en avant le rôle stratégique des conseils de la diaspora dans la structuration du dialogue, l’accompagnement des politiques publiques et le renforcement des liens entre pays d’origine et pays de résidence.
Il a, à cette occasion, retracé les grandes étapes de l’histoire des migrations marocaines, tout en évoquant les transformations sociologiques et générationnelles de la communauté marocaine à l’étranger. Il a également présenté l’architecture institutionnelle nationale dédiée aux Marocains du monde, ainsi que les missions et les priorités du CCME dans l’accompagnement de ces évolutions.
Pour le président du CCME, toute politique migratoire efficace doit reposer sur trois piliers fondamentaux : les valeurs universelles d’humanisme, de fraternité et de respect des droits fondamentaux, notamment le principe d’égalité, conformément au droit international des droits de l’Homme. Il a, dans ce sens, mis en exergue l’importance de cette rencontre, organisée par le Centre européen pour les questions relatives aux travailleurs, en partenariat avec plusieurs institutions européennes engagées dans la défense des droits des travailleurs migrants.
De son côté, le président de l’organisation des travailleurs ACLI a alerté sur la montée des discours sécuritaires en Europe, appelant à privilégier des approches fondées sur l’accueil, la solidarité et l’intégration, plutôt que sur des logiques restrictives. Il a rappelé l’engagement historique de son organisation en faveur de la protection des droits sociaux des travailleurs migrants.
Évoquant le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile adopté en 2024, il a regretté une orientation jugée trop restrictive, susceptible de fragiliser le principe de solidarité entre États membres et de freiner la mise en œuvre de politiques ambitieuses en matière d’intégration.
Pour sa part, le président du Patronato ACLI, Paolo Ricotti, a insisté sur la nécessité de repenser les politiques migratoires en plaçant l’individu et ses droits au centre des dispositifs, tout en soulignant le rôle essentiel des organisations d’accompagnement et des diasporas, qu’il a qualifiées de « ponts humains » favorisant le rapprochement entre les sociétés.
Les travaux de ce séminaire ont porté sur les enjeux liés à la mobilité professionnelle en Europe, les droits fondamentaux des migrants — notamment le droit de partir, de rester et de revenir — ainsi que les besoins sociaux et les mécanismes de représentation des diasporas.
Les discussions ont également mis en lumière le rôle croissant des villes dans l’accueil et l’intégration des populations migrantes, à travers notamment l’exemple de Barcelone, ainsi que la contribution déterminante des associations dans la défense des droits et l’accompagnement des communautés migrantes.
Le séminaire a réuni des représentants d’organisations syndicales, d’associations de travailleurs migrants, d’institutions publiques et d’universités, ainsi que des experts issus de plusieurs pays européens et du Maroc, illustrant l’importance croissante de la coopération internationale pour une gouvernance migratoire plus équilibrée et inclusive.

