Ramadan dans la vie du Prophète : quête de purification de l’âme, d’élévation de l’esprit et de raffinement des mœurs
Au vu des mérites inestimables de ce mois béni, la Charia a établi une approche singulière du jeûne du Ramadan, fondée sur une préparation spirituelle anticipée, à la lumière des exemples puisés dans la conduite du Prophète, alliant culte, retraite spirituelle, travail et devoir d’édification d’une société fondée sur la solidarité et les valeurs morales.
La philosophie du jeûne dans la tradition prophétique repose sur la piété (taqoua), faisant du jeûneur un être guidé dans son effort pour élever son âme et contribuer positivement à sa société. Ainsi, le Ramadan devient un cadre de transformation intérieure qui se reflète dans le comportement individuel et la cohésion sociale.
Dans un entretien accordé à la MAP, le président du Conseil local des Oulémas de Rabat, Larbi El Moudden, a souligné que la pédagogie prophétique concernant l’accueil du Ramadan s’amorce bien avant son avènement, en inculquant à ses compagnons le principe de préparation précoce afin de recevoir les grâces divines de ce mois sacré.
Dès le mois de Chaâbane, le Prophète Sidna Mohammad intensifiait le jeûne comme pour préparer l’âme à une longue course vers l’obéissance, a rappelé M. El Moudden. Il s’agit d' »élever la condition spirituelle du croyant, l’habituer à l’effort de l’abstinence et présenter ses œuvres à Dieu dans un état de pureté et de dévotion, pour assurer une entrée sereine et spirituelle dans le mois béni », a-t-il confié.
Dans la biographie prophétique, le Ramadan s’avère également comme un véritable “laboratoire moral” destiné à réajuster le comportement humain. Selon le président du Conseil local des Oulémas de Rabat, le jeûne ne se limite pas à une privation matérielle, il constitue aussi un bouclier protecteur contre les dérives de la langue et de la colère afin d’instaurer une éthique de maîtrise de soi et de résistance pacifique face à la provocation.
Qu’il s’agisse de la psalmodie du Coran, de l’exhortation (Daoua), de la ferveur des prières ou de la noblesse du caractère, l’éthique du Prophète rayonne d’une intensité particulière durant ce mois sacré, où le Saint Coran a été révélé et durant lequel les récompenses sont magnifiées, a-t-il poursuivi.
La plus belle illustration de cette conduite exemplaire se manifeste dans le pacte de fraternité conclu entre les Mouhajirines (émigrés) et les Ansars (musulmans de Médine) : une véritable leçon d’altruisme où les clivages sociaux et les intérêts personnels se sont effacés devant l’appel à la fraternité fondée sur la foi. Cet héritage, a-t-il relevé, se reflète aujourd’hui dans les valeurs de solidarité et de partage qui unissent les Marocains.
Par ailleurs, M. El Moudden a mis en avant l’équilibre établi par le Prophète Mohammad entre la difficulté inhérente au jeûne et les exigences du devoir de transmission du message divin. Loin d’être un mois d’apathie ou de léthargie, le Ramadan s’inscrit dans la tradition prophétique comme une période d’accomplissements et de vitalité spirituelle, a-t-il fait valoir.
Le noble Messager a su transformer la faim et la soif en énergie spirituelle et relever d’importants défis avec une détermination inébranlable, puisant sa force dans le Coran et la prière et démontrant, de ce fait, que le jeûne constitue un moteur d’action et de productivité, et non un prétexte à la passivité, a enchainé le président du Conseil.
Ramadan, dans la biographie prophétique, s’achève par un couronnement spirituel durant les dix derniers jours, marqués par la Nuit du Destin (Laylat Al Qadr), au cours de laquelle le Coran a été révélé. Le mois se clôt par Zakat Al-fitr (aumône de la rupture du jeûne), un acte purificateur pour le jeûneur et un soutien pour les nécessiteux, illustrant une parfaite symbiose entre spiritualité et solidarité.

