La comparution de Laurent Gbagbo devant la CPI suivie “avec circonspection” à Abidjan

L’audience de confirmation des charges contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l’humanité, ouverte mardi après-midi à La Haye, a été suivie avec circonspection à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a-t- on constaté sur place.

Dans le hall d’un palace au Plateau, le quartier administratif et des affaires de la capitale économique ivoirienne, des clients et des membres du personnel de l’établissement, ont suivi dans un "silence de mort" les déclarations de l’accusation et de la défense, diffusées sur une chaîne de télévision africaine basée à Paris.

Des échanges ont suivi l’ouverture de l’audience et les avis divergeaient sur l’utilité de cet événement et sa perception par les Ivoiriens alors que le pays est en phase de reconstruction et que la situation politique peine à se décanter.

Visiblement ému par l’image de l’ancien président ivoirien "évasif" suivant la déclaration de la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, présidente de la chambre préliminaire, qui rappelait les différentes procédures et méthodes de cette audience, un agent d’une compagnie d’assurance a estimé qu’il faudrait "tourner la page il y a bien fort longtemps", car "il y a eu beaucoup de victimes et la responsabilité était partagée".

"Ce procès, s’il doit y avoir lieu, va renforcer davantage la cassure déjà perceptible au sein des Ivoiriens entre pro et anti-Gbagbo", affirme-t-il, notant que "le dénouement de l’affaire, bien que présentée devant la CPI, demeure aux mains des Ivoiriens".

"Si les charges retenues contre l’ex-président ivoirien sont fiables et qu’il y a des preuves irréfutables de son implication directe dans la mort de civils, il devra payer", soutient de son cô té Abdoulaye Fall, gérant d’une enseigne dans l’établissement hô telier.

L’objectif de cette audience est de permettre aux juges d’examiner les éléments de preuves rassemblés par l’accusation pour voir s’ils sont suffisamment solides pour permettre plus tard la tenue d’un procès.

Laurent Gbagbo, transféré à la CPI depuis le 29 novembre 2011, est soupçonné d’avoir été co-auteur indirect de quatre chefs de crimes contre l’humanité, à savoir "meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains" commis pendant la crise postélectorale en Cô te d’Ivoire qui a fait plus de 3000 morts.

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