L’Iran se plaint à l’ONU des accusations américaines

L’Iran, accusé par les Etats-Unis d’ourdir un complot pour assassiner l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Washington, a porté plainte auprès des Nations unies en évoquant une campagne de désinformation visant à "salir" la République islamique.

Samedi, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, a fait valoir que cette campagne en plusieurs directions orchestrée, d’après lui, par les Américains se poursuivrait la semaine prochaine avec la publication d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Ce document, qui pourrait être publié mardi, devrait prouver que l’Iran mène dans le domaine nucléaire diverses expériences ne pouvant se justifier que dans le cadre d’un programme militaire, dit-on dans les milieux diplomatiques occidentaux.

Le rapport très attendu de l’AIEA devrait renforcer les soupçons pesant sur la volonté de Téhéran de mettre au point des armes nucléaires, sans aller jusqu’à affirmer que ce programme a déjà été mis en oeuvre.

L’Iran a envoyé une lettre au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans laquelle Téhéran retourne aux Américains à l’accusation de soutien au terrorisme.

"Cette missive renferme notre plainte à propos de l’existence de complots aux Etats-Unis, sur la base d’informations dignes de foi sur l’implication des Etats-Unis dans ces complots", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse retransmise en direct par la chaîne de télévision officielle anglophone Press TV.

Sur son site internet, Press TV précise que la lettre en question affirme que l’un des suspects mis en cause par Washington dans l’affaire du complot était en fait un opposant iranien membre de l’Organisation des moudjahddine du peuple iranien (OMPI), et non un membre des forces de sécurité iraniennes comme l’ont présenté les Etats-Unis.

"Qu’ils publient leurs documents"

L’un des deux suspects présumés, l’Américano-Iranien Manssor Arbabsiar, a plaidé non coupable lors de sa comparution en octobre devant un juge new-yorkais. Le second, Gholam Shakuri, est toujours en fuite. Il appartient, d’après les Américains, à la force Al Qods, unité d’élite des Gardiens de la révolution, fer de lance du régime iranien. Les "pasdaran", toujours selon les États-Unis, auraient donné leur accord pour faire assassiner l’ambassadeur saoudien Adel al-Djoubeir dans un restaurant de Washington.

Le 17 octobre, l’agence de presse officieuse iranienne Mehr a affirmé que Shakuri appartenait à l’OMPI, dont le siège est en Irak et qui figure sur la liste des organisations terroristes établies par le département d’État. Citant "des sources informées", Mehr écrivait que Shakuri s’était rendu à Washington et à la base de l’OMPI située au camp d’Achraf, en Irak. Les États-Unis cherchent à tirer parti du complot contre le diplomate saoudien pour rallier des soutiens à leur campagne visant à durcir les sanctions internationales contre l’Iran, soupçonné de chercher à se doter d’un arsenal nucléaire sous le couvert d’un programme énergétique civil.

À ce propos, Ali Akbar Salehi a assuré que l’Iran ne redoutait aucune révélation compromettante dans le prochain rapport de l’AIEA. "Ils (les Occidentaux) affirment qu’ils vont publier de nouveaux documents. La vérité, nous la connaissons. Alors, qu’ils publient leurs documents et nous verrons. Peut-on dire qu’ils émanent d’une agence qui est sous la pression de puissances étrangères ?" s’est-il interrogé. Le ministre a ajouté que le rapport de l’AIEA, le complot aux États-Unis et les accusations de violation des droits de l’homme faisaient partie d’une "attaque en trois directions de l’Occident visant l’Iran, (…) une tentative visant à assujettir l’Iran".

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