Distrait par son téléphone au bloc opératoire, un anesthésiste reconnu coupable après la mort d’un enfant
Le drame, qui a profondément choqué l’opinion publique en Argentine, s’est déroulé dans une clinique de la ville de General Roca, dans le sud du pays.
Le médecin, Javier Atencio Krause, 46 ans, était chargé de l’anesthésie d’un enfant de 4 ans, admis le 11 juillet 2024 pour une opération qualifiée de « mineure » d’une hernie diaphragmatique. L’intervention a pourtant viré au drame.
Selon les éléments présentés au procès, l’enfant serait resté au moins dix minutes sans surveillance effective de sa pression artérielle ni de sa saturation en oxygène. Cette période critique a provoqué une lésion cérébrale sévère due à un manque d’oxygène et de circulation sanguine. Durant ce laps de temps, l’anesthésiste aurait utilisé son téléphone portable et serait même sorti de la salle d’opération pour chercher son chargeur, sans remarquer que l’enfant était privé d’oxygène.
« Par son incompétence, sa négligence et son manquement aux protocoles stricts, il a causé la mort » de l’enfant, a déclaré le procureur lors de sa plaidoirie.
Lorsque l’opération a finalement pris fin, le patient a été transféré en soins intensifs, relié à des appareils et sous assistance respiratoire.
Pendant plusieurs jours, la famille a oscillé entre espoir et confusion. Convulsions, fièvre, diagnostic de diabète insipide, autant de signes qui, apprendra-t-elle plus tard, étaient compatibles avec une mort cérébrale. Une semaine après l’intervention, le décès de l’enfant a été constaté. Sa mère le tenait dans ses bras lorsqu’elle a entendu les mots redoutés : « on va le débrancher. »
Après le décès, une enquête a été ouverte. Le procès s’est tenu en trois audiences en novembre dernier. La Cour a reconnu l’anesthésiste pénalement responsable d’homicide involontaire. Le ministère public a requis une peine de trois ans de prison avec sursis ainsi qu’une interdiction d’exercer la médecine pendant dix ans.

