Face au lourd tribut, Mohammed VI appelle à harmoniser la position de l’Afrique face aux changements climatiques

Le roi Mohammed VI a déploré le lourd tribut payé par l’Afrique dans l’équation +climat+. Ce qui fait de l’Afrique, sans aucun doute, le continent le plus pénalisé”. Le Royaume du Maroc “est déterminé à renforcer sa contribution, à la défense des intérêts vitaux du continent, aux côtés de ses pays frères et, bientôt, au sein de l’Union africaine”, a dit le souverain, dans un discours à l’ouverture du «Sommet Africain de l’Action», tenu à Marrakech en marge de la COP22.

En ouverture d’un sommet africain tenu mercredi à Marrakech, en marge de la COP22, le roi a appelé à "harmoniser" la position de l’Afrique face au réchauffement et à "exiger une justice" climatique.

"La hausse des températures, le dérèglement des saisons, les sécheresses à répétition appauvrissent la biodiversité de notre continent, détruisent ses écosystèmes et hypothèquent son progrès, sa sécurité, sa stabilité", a énuméré le souverain, "ceci alors qu’il n’émet que 4% des gaz à effet de serre".

"Ces bouleversements (…) entravent fortement le développement de l’Afrique, et menacent gravement les droits élémentaires de plusieurs dizaines de millions d’Africains", a-t-il déploré.

Il importe donc que le continent africain "s’exprime d’une seule voix, qu’il exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires, qu’il émette des propositions concertées", avec des "objectifs communs et des "projets régionaux et transnationaux structurants", a souligné Mohammed VI.
Le roi a proposé de dessiner une Afrique résiliente aux changements climatiques, "une Afrique qui s’engage résolument sur la voie du développement durable".

"C’est une Afrique, qui utilisera ses ressources, de manière optimale, en respectant les équilibres environnementaux et sociaux; C’est une Afrique qui agira en vue d’un développement inclusif, en accord avec ce qui fait son identité : la culture de partage, d’équité et de solidarité", a-t-il souligné.

Le souverain a estimé que le discours que suscite, à juste titre, le devenir de notre Planète, et l’intérêt que lui porte en particulier une société civile agissante, sont bien réels.

Il a évoqué à ce propos deux éléments fondamentaux, citant d’abord, la présence, entre le Nord et le Sud, d’une disparité de cultures en matière d’environnement, laquelle a trait aux priorités et aux moyens.

"C’est dans ce but qu’il conviendra d’harmoniser, voire d’unifier l’éducation à l’environnement", a insisté le Souverain, assurant que la Présidence marocaine s’y emploiera durant son mandat.

« Par ailleurs, faut-il rappeler que le temps de la colonisation est révolu, qu’une décision imposée ne peut être productive ? Faut-il rappeler que les acteurs ne manquent pas de force d’engagement, ni de bonne volonté ; mais qu’il leur arrive de manquer de moyens ? », s’est-il interrogé

A cet égard, le souverain a affirmé : "Nous sommes tous conscients, qu’il en va de la sauvegarde de la Vie, et qu’il nous appartient de travailler solidairement, à la protection de notre terre. Voilà pourquoi Je souhaite que se mette en place, une convergence de vue dans l’action
Alors que la 22e conférence sur le climat bat son plein, ce sommet africain voulu par Rabat accueille une quarantaine de dirigeants africains, dont une vingtaine de chefs d’Etat.

Plusieurs présidents ont ensuite pris la parole, le Rwandais Paul Kagame, le Congolais Denis Sassou Nguesso, et le Sénégalais Macky Sall, qui a rappelé "l’attente" des pays africains après les promesses des pays avancés de financer la lutte contre le réchauffement à hauteur de cent milliards de dollars d’ici à 2020.

Toujours sur le climat, ce sommet est pour l’hôte marocain l’occasion de promouvoir son initiative Triple A en faveur de l’agriculture africaine, basée en partie sur l’accroissement de la fertilité des terres, alors que le pays – avec ses importantes réserves de phosphate – est l’un des principaux producteurs d’engrais au monde.

En réunissant une brochette de leaders africains sur son sol, le Maroc démontre son engagement très fort en Afrique, désormais au coeur de sa diplomatie."Le Maroc est un acteur engagé, dans la consolidation de la sécurité et de la stabilité régionales. A ce titre, il est déterminé à renforcer sa contribution à la défense des intérêts vitaux du continent, aux côtés de ses pays frères et, bientôt, au sein de l’UA", a clairement réaffirmé Mohammed VI

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