Accusations contre Darmanin: une association saisit la justice pour relancer une affaire classée en 2018

Une association féministe assure mercredi avoir saisi le parquet de Lille pour dénoncer des faits de “trafic d’influence” visant le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, tentant ainsi de relancer une enquête classée sans suite en 2018, ouverte à l’époque pour “abus de faiblesse”.

Cette association, “Pourvoir féministe”, créée en juin et constituée d’une dizaine de personnes, a également adressé mercredi un courrier à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) afin de “l’alerter” sur une situation qui pose, selon sa présidente Anaïs Leleux, un “réel conflit d’intérêts”, alors que la justice a ordonné en juin la reprise des investigations concernant une accusation de viol contre le ministre.

La saisine du parquet de Lille concerne des faits remontant à 2015. Une habitante de Tourcoing accusait alors Gérald Darmanin, maire de sa ville, de l’avoir incitée à des relations sexuelles en échange d’une aide pour obtenir un logement et un emploi, alors qu’elle se trouvait en situation de précarité.

Le parquet de Paris avait cependant classé l’affaire, aucune infraction pénale n’étant constituée selon lui.

Dans son courrier à la procureure de la République de Lille, Mme Leleux évoque des “sms, courriers, factures semblant attester de faits susceptibles de relever du trafic d’influence”.

Elle signale particulièrement des lettres écrites par M. Darmanin aux “dirigeants de quatre bailleurs, parmi lesquels Lille Métropole Habitat, dont il (était) alors lui même l’un des administrateurs” en tant que maire.

“On a une femme qui nous dit, +avant qu’il envoie ces courriers, Darmanin est venu chez moi, je lui ai fait une fellation. Si ces faits sont avérés, Gerald Darmanin s’est rendu coupable de trafic d’influence. Un élu n’a pas à solliciter ou même accepter de dons physiques (…) en échange d’une intervention”, a expliqué à l’AFP Mme Leleux.

Concernant le courrier à la HATVP, consulté par l’AFP, Mme Leleux rappelle qu’en “tant que ministre de l’Intérieur, M. Darmanin a autorité” sur les services de police. “L’interférence est suffisamment forte pour soulever des doutes raisonnables quant à la capacité des policiers en charge de l’enquête d’exercer leur fonction en toute objectivité et sans subir de pression”, poursuit-elle.

Ni le parquet de Lille, ni la HAVP, interrogés par l’AFP, n’avaient encore reçu ces courriers jeudi.

Sur Europe 1 mercredi soir, l’avocat de M. Darmanin, Mathias Chichportich, a de nouveau rejeté ces accusations. “J’entends que la qualification de trafic d’influence n’aurait pas été envisagée? (…) Pour le procureur de la République de Paris, il n’y a ni abus de faiblesse, ni trafic d’influence”, a-t-il affirmé.

Il a donné lecture d’un sms de la plaignante de Tourcoing envoyé au moment de sa nomination au gouvernement où elle lui disait que pour elle “cette affaire était close”.

“Gérald Darmanin est parfaitement serein”, a-t-il ajouté, jugeant que “lorsqu’on instrumentalise une procédure classée sans suite et une jeune femme qui ne veut plus en entendre parler, ce n’est plus du militantisme, c’est de la politique”.

Me Chichportich estime également qu’il n’y a “aucune interférence entre les fonctions de M. Darmanin et les investigations à mener”.

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