La migration sûre et régulière : un moteur économique malgré les défis, selon l’ONU
Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies publié mardi, l’accès à des voies de migration sûres et régulières continue de jouer un rôle crucial dans la croissance économique et le développement à l’échelle mondiale, en dépit des préoccupations qui menacent ces avancées.
Présenté lors du Forum d’examen des migrations internationales à New York, qui se déroule du 5 au 8 mai, le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) souligne l’importance de la migration dans l’économie mondiale. Les envois de fonds des migrants sont identifiés comme une source essentielle de soutien pour leurs pays d’origine, avec des prévisions estimant que ces transferts atteindront 905 milliards de dollars en 2024, dont 685 milliards destinés aux pays à revenu faible et intermédiaire.
Le rapport révèle que ces flux financiers surpassent désormais l’ensemble de l’aide publique au développement et des investissements directs étrangers. “La migration contribue à stimuler l’emploi, la croissance économique, la stabilité et la cohésion sociale à l’échelle mondiale”, a déclaré Amy Pope, directrice générale de l’OIM.
En outre, l’étude indique que le nombre de migrants internationaux a atteint 304 millions à la mi-2024, représentant environ 3,7 % de la population mondiale. Au cours de la dernière décennie, le nombre de travailleurs migrants a augmenté de plus de 30 millions.
Cependant, le rapport souligne que la restriction des voies de migration sûres et régulières ne met pas fin à la migration, mais la pousse vers des itinéraires plus dangereux et irréguliers. Cela augmente les risques pour les migrants et les coûts pour les États, tout en limitant les avantages potentiels de la migration.
De plus, l’accès aux opportunités migratoires reste inégal, avec des voies d’accès se développant principalement pour les résidents des pays à revenu élevé, tandis que celles pour les personnes venant de contextes à faible revenu restent limitées. Cette situation renforce les inégalités en matière de mobilité mondiale et freine les bénéfices économiques potentiels que la migration pourrait engendrer, conclut le rapport de l’ONU.
