Affaire Epstein: le quai d’Orsay saisit la justice sur le cas de son diplomate Fabrice Aidan

En poste à l’ONU et poursuivi en 2013 par le FBI pour consultation d’images pédopornographiques, le haut diplomate français Fabrice Aidan, exfiltré précipitamment en France via le Canada, a continué d’échanger avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein et avait même le digicode de son appartement parisien.

« Je saisis le procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale pour lui signaler les faits présumés mettant en cause Monsieur Fabrice Aidan. Je diligente par ailleurs une enquête administrative pour contribuer au travail de la Justice et lance une procédure disciplinaire », a fait savoir, mardi  soir, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, après la déflagration de l’affaire du criminel sexuel Jeffrey Epstein et la présence du diplomate français dans les « Epstein Files ».
Sur RTL ce mercredi matin, le ministère français des Affaires étrangères s’est dit « effaré » et « indigné » par les faits révélés mettant en cause Fabrice Aidan, diplomate depuis 25 ans, qui aurait échangé de nombreux e-mails avec le criminel sexuel mort en 2019.
« Les faits qui sont allégués sont d’une très grande gravité (…) Quand j’ai pris connaissance de ces informations, j’ai été effaré et j’ai fait ce que chacun aurait fait à ma place, saisi le procureur de la République, lancé une enquête administrative pour concourir au travail e la justice ainsi qu’une procédure disciplinaire le concernant », a déclaré Jean-Noël Barrot.

Selon le site Mediapart et Radio France qui ont révélé l’affaire, Fabrice Aidan a fait bénéficier Jeffrey Epstein d’informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l’international.

Selon Mediapart, l’ONU avait été alertée en 2013 par le FBI de l’existence d’une enquête susceptible de mettre en cause Fabrice Aidan à New York pour des consultations présumées de sites pédopornographiques.
Une enquête interne avait été ouverte par l’ONU, avant que l’intéressé ne quitte précipitamment son poste et ne soit rapatrié en France. Aucune poursuite judiciaire n’avait été engagée à l’époque, et aucune sanction disciplinaire n’avait été prononcée, selon le Quai d’Orsay.
L’ambassadeur français de l’époque près de l’ONU, Gérard Araud, dit avoir informé son ministère laissant la charge au quai d’Orsay de prendre les mesures appropriées.
Actuellement en disponibilité pour convenances personnelles, il occupe le poste de directeur des affaires internationales d’Engie mais a été suspendu, annonce l’entreprise. Il fait toujours partie des effectifs du quai d’Orsay.
Actuellement en disponibilité pour convenances personnelles, il occupe le poste de directeur des affaires internationales d’Engie mais a été suspendu, annonce l’entreprise. Il fait toujours partie des effectifs du quai d’Orsay.
« Je comprends que cette situation provoque beaucoup d’indignation, elle m’indigne, personnellement. Je ne peux, en revanche, sans disposer des éléments étayés par l’enquête administrative que j’ai lancée, en tirer la moindre conséquence, puisque vous voyez bien qu’il faut que les faits soient bien établis, que les responsabilités soient bien établies avant qu’on en tire les conséquences », a estimé le chef de la diplomatie française.

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