Israël s’oppose à la composition du Comité exécutif de Gaza
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réunit dimanche les chefs de sa coalition gouvernementale pour examiner la composition d’un Comité exécutif sur Gaza annoncé par la Maison Blanche, auquel Israël s’oppose en raison d’un manque de coordination et de sa divergence avec la politique israélienne.
La rencontre, prévue à 10h00 locales (08h00 GMT), est confirmée par le porte-parole du Likoud, le parti de M. Netanyahu, sans plus de précisions sur l’ordre du jour.
Samedi soir, le cabinet de M. Netanyahu a rejeté la composition du Comité exécutif, décrit comme consultatif et devant opérer sous la direction d’un Conseil de paix dirigé par Donald Trump, dans le cadre d’un plan en 20 points pour mettre fin à la guerre à Gaza de manière permanente.
Ce Comité comprend le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, ainsi que d’autres responsables régionaux et internationaux. Israël refuse en particulier tout rôle de la Turquie dans l’après-guerre à Gaza, les relations entre les deux pays s’étant détériorées depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
M. Netanyahu a demandé au ministre israélien des Affaires étrangères de s’entretenir avec le secrétaire d’État américain à ce sujet, déclarant que l’annonce n’avait pas été coordonnée avec Israël et était contraire à sa politique.
Le président américain a aussi invité son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à intégrer le Conseil de paix, qui supervise les entités du plan.Au-delà du Conseil de paix et du Comité exécutif, le plan Trump, approuvé par l’ONU, prévoit un comité palestinien de technocrates pour gérer Gaza au quotidien. Constituée cette semaine, cette instance s’est réunie pour la première fois samedi au Caire.
Les relations turco-israéliennes se sont effondrées depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza, passant d’une coopération économique intense à une rupture totale.
Avant 2023, les deux pays entretenaient un commerce bilatéral de plusieurs milliards de dollars par an et jusqu’à 14 vols directs quotidiens. La principale cause de la détérioration est la position ferme du président Erdoğan, qui condamne Israël comme « État terroriste », soutient le Hamas et accuse Tel-Aviv de génocide, entraînant le rappel d’ambassadeurs, la rupture diplomatique, l’embargo commercial total et la suspension définitive des vols directs.
Ce refroidissement s’accentue avec le renforcement de l’axe militaire Israël-Grèce-Chypre, perçu par Ankara comme une alliance hostile en Méditerranée orientale contre ses intérêts régionaux.
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le passage à la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur le 10 octobre, prévoyant le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes qui contrôlent environ la moitié du territoire et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.

