Après le Venezuela, les États-Unis menacent Cuba et le Groenland
Le président américain Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio ont menacé de prendre le contrôle de Cuba et du Groenland, après l’opération militaire au Venezuela, affirmant que « le Venezuela pourrait ne pas être le dernier pays à subir une intervention américaine ».
Au lendemain de la capture de Nicolás Maduro au Venezuela, Donald Trump et Marco Rubio ont menacé le Groenland, le Venezuela et Cuba.
Interviewé par The Atlantic, Trump a affirmé que « le Groenland est important », que l’île est « encerclée par des navires russes et chinois » et que « nous avons besoin du Groenland », indiquant que la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, « paiera plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut ».
Rubio a pour sa part qualifié le gouvernement cubain d’ « énorme problème » et ajoutant « je pense qu’ils ont de gros ennuis ». Le 3 janvier, en conférence de presse, il avait déjà déclaré : « Si j’étais à La Havane et que j’étais au gouvernement, je serais inquiet. Au moins un peu… ».
Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie post-vénézuélienne où les États-Unis cherchent à asseoir leur domination. Pour Cuba, l’enjeu est idéologique mais surtout géostratégique : éliminer un régime communiste allié de la Russie et de la Chine, voisin de la Floride, et contrôler les voies maritimes des Caraïbes.
Cuba pourrait répondre par une mobilisation militaire et solliciterait Moscou et Pékin, provoquant une crise à la manière de celle des missiles de 1962, si tant est que ses parrains lui viennent en aide.
Pour le Groenland, doté de ressources rares telles que des terres rares, de l’uranium et du zinc et situé dans l’Arctique face au changement climatique, les enjeux sont la sécurisation des routes polaires et la contre-attaque face à l’avancée russe et chinoise.
La Russie militarise massivement ses côtes et y revendique des ressources, notamment vers le seuil de Lomonosov que la Russie considère comme une extension de son territoire, tandis que la Chine investit dans des projets miniers et maritimes pour sécuriser des routes polaires et des terres rares, elle qui se considère « état quasi-arctique ».
Le Danemark, souverain du Groenland et membre de l’OTAN, pourrait invoquer l’article 4 qui dispose que les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale ou la sécurité de l’une des parties sera menacée pour une défense collective, ou négocier des concessions économiques.
Cependant, une telle réaction du Danemark a peu de chances d’aboutir, pour des raisons structurelles de pouvoir, de dépendance et de calcul réaliste.

