« Cultiver sans pesticides est faisable techniquement et économiquement, sous certaines conditions », relève l’étude qui vient d’être publiée dans la revue scientifique Plant Disease.
Pour ses auteurs, la mise en œuvre de tels systèmes de production suppose notamment « une diversification des successions culturales, des filières de commercialisation adaptées, et une valorisation économique des produits issus de ces systèmes ».
Sur dix ans, les chercheurs du Réseau expérimental Rés0Pest ont « testé la faisabilité et les performances de systèmes de cultures sans pesticides en agriculture conventionnelle, c’est-à-dire en autorisant l’utilisation d’engrais de synthèse », explique Jean-Noël Aubertot, directeur de recherche INRAE au sein de l’unité Agroécologie, innovations, territoires, et initiateur de l’étude.
L’étude propose ainsi une alternative à l’utilisation généralisée et répétée des pesticides qui « a des impacts importants sur la contamination des milieux (sol, eau, atmosphère), la santé humaine et la biodiversité, et présente un coût économique non négligeable pour la société, y compris les agriculteurs ».
« Les 4 systèmes de grande culture en agriculture conventionnelle (Auzeville, Bretenière, Estrées-Mons et Grignon) pour lesquels les performances économiques ont pu être quantifiées ont généré une marge nette satisfaisante, qui pourrait conduire dans 20 % des cas à un revenu entre 1 et 2 SMIC, dans 45 % des cas entre 2 et 3 SMIC et dans 35 % des cas plus de 3 SMIC mensuels », détaille l’INRAE dans un communiqué.
D’après l’INRAE, ces résultats montrent que des systèmes de grande culture conventionnels sans pesticides « peuvent être productifs, techniquement et économiquement réalisable », mais leur mise en œuvre nécessite « des politiques publiques adaptées pour soutenir la massification de leur adoption ».
Et d’ajouter que ces conclusions permettent également d’ »alimenter les réflexions européennes pour accélérer la transition agroécologique ».
Mis en place en 2012, le réseau expérimental Rés0Pest, coordonné par l’INRAE, s’est appuyé sur 9 systèmes de culture originaux sans utilisation de pesticides, mais avec un recours possible au travail du sol et aux engrais de synthèse.

