Un accord Oman-Iran prévoit un couloir de navigation temporaire dans le détroit d’Ormuz
Le Pakistan et Oman ont intensifié leurs efforts diplomatiques auprès de Téhéran, avec des visites de haut niveau ayant permis des avancées sur la réouverture du détroit d’Ormuz et la relance du dialogue avec les États-Unis.
Deux visites de haut niveau à Téhéran
Les progrès réalisés lors de deux visites clés à Téhéran, celle du chef d’état-major pakistanais, le maréchal Asim Munir, et celle du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, pourraient avoir ouvert la première voie de désescalade réellement praticable dans le Golfe depuis l’effondrement de l’armistice conclu via le mémorandum d’Islamabad. Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, a évoqué des « progrès significatifs » lors de ces derniers échanges avec Téhéran. « Le président iranien [Massoud Pezeshkian] a partagé franchement la perspective de son gouvernement, et nous avons eu un échange très constructif sur les questions concernées », a-t-il écrit sur X, précisant que les discussions avaient porté sur la restauration du mémorandum signé le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran, rapidement fragilisé par une série de frappes de représailles.
Un accord de navigation temporaire avec Oman
La visite de Badr Al-Busaidi à Téhéran a permis une avancée concrète sur la question de la navigation dans le détroit d’Ormuz, les deux parties s’étant accordées sur un dispositif progressif. Selon la déclaration conjointe, l’entente entre Oman et l’Iran prévoit un couloir de navigation conjoint temporaire, des opérations de déminage, un échange d’informations et une gestion du trafic maritime, tandis que des discussions techniques doivent se poursuivre sur un dispositif de navigation permanent. Le chef de la diplomatie omanaise a indiqué dans un message sur X espérer que les deux pays puissent « bientôt annoncer » ce couloir temporaire.
Un objectif clair pour Islamabad : protéger le Golfe
Selon une source pakistanaise citée par The National, l’objectif du maréchal Munir était de tenter de ramener les États-Unis et l’Iran à la table des négociations, et de convaincre Téhéran de ne pas attaquer les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, avec laquelle le Pakistan entretient un partenariat de défense. Le Qatar, qui avait joué un rôle clé aux côtés du Pakistan dans la conclusion du mémorandum de mi-juin, a de son côté qualifié les sanctions américaines contre l’Iran d' »unilatérales », tout en réaffirmant son soutien aux efforts de médiation.
Une ouverture prudente de Washington
Selon plusieurs médias américains, Washington envisagerait de lever les sanctions économiques et le blocus naval contre l’Iran en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime et de la cessation des attaques menées par des milices alignées sur l’Iran. Si aucune percée nette n’a encore été obtenue et que des divergences de fond subsistent entre l’Iran et les États-Unis, cette activité diplomatique récente a permis de remettre au centre du jeu les dimensions politiques et techniques du différend.
Une pression économique croissante sur Téhéran
Alors que Washington semble miser sur un renforcement de la pression économique pour obtenir des concessions iraniennes, la monnaie iranienne a atteint un plus bas historique face au dollar, en recul de 6,7% depuis l’annonce, la semaine dernière, du renforcement des sanctions américaines. L’inflation annuelle dépasse 80% dans le pays, aggravant les tensions au sein d’une population d’environ 93 millions d’habitants, où l’effondrement de la monnaie avait déjà été à l’origine de violentes manifestations quelques semaines avant le déclenchement de la guerre par les États-Unis et Israël.
