Trois parcs d’attractions à thème manga : l’Arabie saoudite investit 6 milliards d’euros près de Paris

La France et l’Arabie saoudite ont signé lundi un protocole d’accord pour la construction de trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise, dont un consacré à l’univers des mangas, pour un investissement saoudien de 6 milliards d’euros.

Une « annonce hors normes » saluée par Macron
L’Arabie saoudite a signé, à l’occasion de la visite à Paris du prince héritier Mohammed ben Salmane, un protocole d’accord avec la France pour créer trois parcs d’attractions en région parisienne, à Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise. « 6 milliards d’euros d’investissements, 22 000 emplois, du jamais vu depuis Disneyland Paris », a annoncé Emmanuel Macron, évoquant « une nouvelle destination mondiale » et une « annonce hors normes ». Le président français a également souligné son propre « intérêt pour les mangas », à l’origine, selon l’Élysée, de ce projet né d’une discussion avec le prince héritier lors de sa visite à Riyad en décembre 2024, où les deux dirigeants se seraient découvert une « passion commune » pour les mangas, « et notamment Dragon Ball Z ».

Un site marqué par un précédent retentissant
Le projet doit voir le jour sur le site de l’ancien parc Mirapolis, fermé en 1991 après seulement quatre années d’existence. Ouvert en 1987 et consacré aux contes et légendes français, ce premier grand parc d’attractions hexagonal avait fait faillite faute de fréquentation suffisante, concurrencé dès 1992 par l’arrivée d’Astérix puis de Disneyland Paris à Marne-la-Vallée. Le complexe sera porté par Qiddiya, filiale du fonds souverain saoudien, et conçu pour fonctionner comme une destination à part entière, avec plusieurs parcs accessibles via un même séjour. Aucune date d’ouverture n’a été communiquée, l’Élysée précisant qu' »un projet de cette ampleur prend du temps » et que l’investissement serait « découpé en plusieurs vagues ».

Un accueil politique local plutôt favorable
La présidente déléguée LR de la région Île-de-France, Florence Portelli, a salué « une chance extraordinaire » pour le Val-d’Oise. À Cergy-Pontoise, certains élus locaux auraient toutefois souhaité davantage de concertation en amont, ainsi qu’un projet davantage orienté vers les besoins du territoire.

Une polémique sur le partenariat avec Riyad
L’annonce a suscité une vague de critiques en ligne, portant moins sur le projet lui-même que sur le partenaire choisi pour le financer : plusieurs internautes ont dénoncé la collaboration avec l’Arabie saoudite au regard de son bilan en matière de droits humains. Interrogée sur ce point, la présidence française a estimé qu' »à aucun moment, quand on attire un projet, on cherche à donner des leçons ailleurs », une conseillère de l’Élysée insistant sur le fait que la France serait la « bénéficiaire » de cet investissement et sur sa « place en tant que première destination touristique au monde ». L’Élysée reconnaît par ailleurs une part d’incertitude politique : dans moins d’un an, Emmanuel Macron ne sera plus au pouvoir, sans qu’il soit garanti que son successeur soutienne le projet.

Un accord qui s’inscrit dans une journée de signatures plus large
Cette annonce est intervenue à l’issue d’une journée marquée par la signature de plusieurs autres accords entre les deux pays, portant notamment sur le renforcement du partenariat de défense, ainsi que des contrats impliquant les groupes français CMA-CGM et Alstom.

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