Le clivage sécuritaire continue de structurer la campagne électorale en Israël

À l’approche des élections législatives israéliennes prévues au plus tard le 27 octobre, le clivage sécuritaire lié à l’Iran, à Gaza et à la Cisjordanie continue de structurer une campagne marquée par une recomposition profonde du paysage politique.

Un pays qui a mené des guerres sur plusieurs fronts
Depuis 2023, Israël a mené une guerre contre le Liban, occupant une partie de son territoire, deux guerres contre l’Iran, en 2025 puis en 2026, intensifié la colonisation de la Cisjordanie et occupé près de 70% de la bande de Gaza, tout en menant des campagnes de bombardements aériens sur le Yémen et la Syrie, où sa zone d’occupation s’est élargie. Des frappes occasionnelles ont également visé l’Irak et le Qatar, portant à sept le nombre de pays frappés par l’armée israélienne sur cette période. Ce conflit prolongé a transformé les dynamiques politiques du pays, avec une radicalisation du gouvernement de Benjamin Netanyahou et d’une large partie du paysage politique vers la droite. La Knesset a fixé la date des élections au 27 octobre le 12 juillet dernier.

Un clivage qui a changé de nature
Il y a trente ans, le clivage politique en Israël s’organisait principalement autour du processus de paix et des relations avec les Palestiniens. Aujourd’hui, il porte avant tout sur l’identité de l’État et l’avenir de ses institutions, selon plusieurs chercheurs spécialistes de la politique israélienne. En dehors de Yaïr Golan, qui n’exclut pas cette perspective à long terme, l’opposition rejette elle aussi toute perspective d’un État palestinien, et soutient la poursuite de la colonisation en Cisjordanie — un terrain d’entente qui réduit d’autant l’espace du débat sur la question palestinienne dans la campagne.

Une opinion publique marquée par la lassitude plus que par l’adhésion
Une majorité de la population continue de considérer le Hamas, le Hezbollah ou l’Iran comme des menaces majeures et soutient l’idée d’une politique sécuritaire ferme. Pour une partie de l’opinion, ce soutien relèverait toutefois davantage d’une volonté de restaurer un sentiment de sécurité après les attaques du 7 octobre 2023 que d’une adhésion personnelle à Benjamin Netanyahou. Un chercheur relève qu’un candidat d’opposition entretient volontairement un flou stratégique sur l’Iran et le Hezbollah, évitant même le mot « palestinien » dans son programme, misant sur l’aspiration d’Israéliens épuisés par les guerres successives à une forme d’apaisement plutôt qu’à un débat de fond.

Des appels à une commission d’enquête indépendante
Plus de 71 000 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de la guerre à Gaza, dont environ 1 000 en Cisjordanie, où la colonisation continue de s’intensifier — des chiffres qui restent largement absents du débat électoral. En parallèle, une majorité d’Israéliens, toutes sensibilités confondues selon les sondages, se dit favorable à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires ayant permis les attaques du 7 octobre, un mécanisme historiquement activé lors des grands fiascos sécuritaires du pays, mais que l’exécutif continue de résister à instaurer sous cette forme.

Une polarisation qui nourrit la crainte de violences
Cette polarisation croissante entre partisans et opposants de Benjamin Netanyahou alimente des craintes de flambée de violence politique à l’approche du scrutin, avec une multiplication des signalements d’intimidations, de port d’armes et d’actes de vandalisme rapportés ces dernières semaines.

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