Face au refus judiciaire d’y accoler son nom, l’administration Trump évoque la démolition du Kennedy Center

L’administration Trump a évoqué la possibilité de démolir le Kennedy Center de Washington après qu’un juge a ordonné le retrait du nom du président de la façade du bâtiment, rebaptisé en décembre en son honneur.

Un renommage annulé par la justice
En décembre, le conseil d’administration du Kennedy Center, désormais composé de proches de Donald Trump après le remplacement de dix-huit administrateurs nommés sous l’administration précédente, avait voté le renommage complet de l’établissement en « The Donald J. Trump and The John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts ». Mais la justice, saisie par l’opposition démocrate qui conteste la légalité de ce changement de nom — également dénoncé par la famille Kennedy —, en a ordonné l’annulation. Le juge saisi de l’affaire avait ordonné le 29 mai au conseil d’administration de retirer toute référence « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy », estimant que la loi de 1964 ayant créé l’institution « rend limpide le fait que le Centre doit porter le nom du président Kennedy, et ne peut porter aucun autre nom formel ou hommage public ». Le conseil d’administration s’est exécuté en juin, tout en envisageant une inscription sur l’édifice reconnaissant le rôle de Donald Trump dans sa restauration.

La démolition comme « aboutissement inévitable »
Le ministère de la Justice a affirmé lundi, dans des documents judiciaires déposés en vue d’une audience prévue jeudi, que sans cette reconnaissance explicite du rôle de Donald Trump, « les donateurs n’apporteront pas de contribution et le Centre continuera sur sa pente mortelle financière et structurelle ». « Sans ces efforts, le Centre continuera à se détériorer pour aboutir à une structure dangereuse et délabrée, qui devra être démolie, restant ensuite à déterminer ce qui devra être construit sur le site, comme un amphithéâtre en plein air surplombant le Potomac », précisent ces documents, décrivant en termes très sombres l’état architectural et financier de l’institution. Le juge a toutefois autorisé la poursuite des travaux de restauration, dont « le besoin apparaît criant ».

Un établissement remodelé depuis le retour de Trump
Créé en 1964 par le Congrès sous le nom de National Cultural Center avant d’être rebaptisé en hommage à John F. Kennedy, l’établissement, à statut mixte public-privé, reçoit des fonds fédéraux pour son entretien tandis que sa programmation est financée par la billetterie. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump avait exprimé son mécontentement envers la programmation du centre, avant de remplacer l’ensemble des administrateurs démocrates et de se faire nommer président du conseil.

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