Six Nations: un Grand Chelem sinon rien ?

Les entraîneurs l’ont dit, le capitaine l’a dit, les joueurs l’ont dit: ne pas remporter le Grand Chelem samedi lors du dernier match du Tournoi des Six Nations contre l’Angleterre serait une “déception”.

Six Nations: un Grand Chelem sinon rien ?
Cette approche pourrait passer pour une arrogance de mauvais aloi, de celle qui a souvent fait chuter le rugby français quand il côtoyait les sommets.

Mais peut-être est-elle surtout l’expression d’une confiance nouvelle et de la volonté de mettre la barre le plus haut possible même si le match au Stade de France aura aussi quelques beaux enjeux intermédiaires.

Une victoire permettrait de mettre fin à une série de quatre défaites en matches officiels face à l’Angleterre (demi-finale de la Coupe du monde, Tournois 2007, 2008 et 2009).

Elle permettrait aussi au XV de France de remporter son premier Tournoi depuis 2007. Elle consacrerait le travail accompli depuis deux ans et lancerait dans des conditions idéales la préparation de la Coupe du monde 2011.

"Il est vrai que la déception serait immense mais dire que cela effacerait tous les acquis, toute la confiance emmagasinée pendant ces quatre premiers matches c’est évidemment complètement faux", a reconnu l’entraîneur Marc Lièvremont.

"Il y a deux ans, on était au début de tout. On ne peut pas revenir sur ce qui a été accompli depuis."

Ces mots seront sans doute encore plus d’actualité samedi soir si le pire arrive au Stade de France mais pour l’instant c’est le Grand Chelem qui est à l’ordre du jour.

Il serait le neuvième en 100 ans d’histoire de la France dans le Tournoi des Six Nations, le premier depuis 2004, et tous, des plus jeunes comme Alexis Palisson, qui reconnaît qu’il n’a "jamais rien gagné", au plus chevronné, comme Imanol Harinordoquy, qui vise son troisième, en rêvent.

Derrière le numéro 8 de Biarritz, que ne précèdent au palmarès français des Grands Chelems que Fabien Pelous et Olivier Magne, ils seront six – Clément Poitrenaud, Yannick Jauzion, Julien Bonnaire, William Servat, Dimitri Yachvili et Jean- Baptiste Poux – à viser un doublé.

L’événement ne doit pas en être banalisé pour autant car pour certains presque vétérans à plus de 50 sélections comme Lionel Nallet ou Sébastien Chabal ce sera une première.

"JEUNE GARDE CONTRE VIEILLE GARDE"

En cas de victoire, trente joueurs au total auront participé à la campagne, contre 27 lors du premier Grand Chelem en 1968, et 15 lors du second en 1977.

Cette inflation s’explique par le fait que le rugby professionnel donne une part plus importante aux remplaçants et coûte plus cher en blessures. Elle doit être relativisée par le fait que dix joueurs auront été titulaires à tous les matches.

Ces dix forment l’ossature de l’équipe que Marc Lièvremont et ses adjoints, Emile Ntamack et Didier Retière, ont façonnée en deux ans avec la Coupe du monde 2011 en perspective.

On trouve parmi eux quatre joueurs du cinq de devant, les piliers Thomas Domingo et Nicolas Mas, le talonneur William Servat et le deuxième ligne Lionel Nallet. Imanol Harinordoquy et le capitaine Thierry Dusautoir complètent en troisième ligne la stabilité du pack.

Depuis quatre matches, Morgan Parra et François Trinh-Duc sont installés à la charnière, Yannick Jauzion est le patron des lignes arrières et Clément Poitrenaud en est l’animateur.

Ces dix reflètent aussi le cocktail de jeunesse – Domingo, Parra, Trinh-Duc auxquels s’ajoutent Mathieu Bastareaud, Alexandre Lapandry, Alexis Palisson, Marc Andreu – et d’expérience que Marc Lièvremont a passé au shaker de ses deux premières années de mandat.

Face à eux, samedi, il y aura une équipe anglaise qui se cherche après une saison rendue médiocre par une défaite à Twickenham face à l’Irlande et un match nul avec l’Ecosse à Murrayfield.

Pour sauver son honneur et son orgueil, l’Angleterre a rappelé ses vieux guerriers, Mike Tindall, Simon Shaw, Lewis Moody, Joe Worsley mais a aussi mis le plus glorieux de tous, Jonny Wilkinson au placard du banc des remplaçants.

"Les Anglais au travers de Simon Shaw et de Tindall ont annoncé la couleur. En même temps, ils ont toujours joué le même rugby. On s’attend d’abord à du combat et à beaucoup de jeu au pied de pression", a dit Marc Lièvremont.

"Il y aura la jeune garde française face à la vieille garde anglaise. On sera prêts", promet Morgan Parra.

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