Référendum pour le climat: “manoeuvre politicienne” selon Le Pen, “cynisme” pour Peltier

Droite et extrême droite ont critiqué mardi l’annonce par Emmanuel Macron d’un référendum sur le climat, Marine Le Pen y voyant une “manoeuvre politicienne” et le numéro deux des Républicains Guillaume Peltier du “cynisme”.

“À l’heure où la crise sanitaire et économique touche des millions de nos compatriotes, les Français attendaient autre chose qu’une énième manœuvre politicienne. Quel mépris pour les Français, quel mépris pour l’écologie…”, a tweeté la présidente du Rassemblement national, un parti très favorable aux référendums.

“Les Français ne veulent pas un référendum sur le climat, ils veulent un référendum sur l’IMMIGRATION !”, a affirmé l’eurodéputé et membre du bureau exécutif (direction) Nicolas Bay sur Twitter.

L’ancien allié de Marine Le Pen en 2017, Nicolas Dupont-Aignan, a dit “oui” à un référendum, “mais pas uniquement sur le climat: immigration, frontières, relocalisations, renforcement du système de santé”.

Le numéro 2 de LR, Guillaume Peltier, a vu dans l’annonce du président un “cynisme creux” et jugé dans un tweet que les urgences étaient “ailleurs”, dans la “laïcité face à l’islam politique et notre souveraineté sur l’immigration”.

Le chef de file des députés LR, Damien Abad, a jugé sur Public Sénat qu’il s’agissait d’une “instrumentalisation de l’écologie à des fins politiques” qui “fait vraiment très vieille politique, très tambouille”. Le président “nous demande d’arbitrer un bras de fer qu’il a déjà perdu avec les citoyens et avec l’écologie”.

Pour autant, “nous verrons ce qu’il y a à l’intérieur”, a ajouté M. Abad. “Est-ce que ce texte va modifier la vie des gens ou pas” et “qu’est-ce que ce projet de loi constitutionnel va apporter de plus” par rapport à la charte de l’environnement ? a-t-il demandé.

Il a mis en garde contre un risque de “fracture”, car “derrière le référendum, il y aura forcément un référendum envers le président de la République”, alors que l’écologie est “un sujet qui doit nous rassembler”.

Son homologue au Sénat Bruno Retailleau “attend la formulation” du référendum, rappelant que la Constitution “contient déjà une charte de l’environnement”. “Si vraiment (le président) veut lutter contre le changement climatique, qu’il amène le Ceta (traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada) devant le Sénat”, ce qui serait une chose “concrète”, a-t-il remarqué.

Emmanuel Macron a ouvert la voie lundi à la tenue d’un référendum sur l’introduction de la défense de l’environnement dans la Constitution, au cours d’une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC).

L’organisation de ce référendum d’ici la fin du quinquennat en 2022 est incertaine. Elle ne pourra intervenir qu’après un vote, dans des termes identiques, de l’Assemblée nationale et du Sénat, ce dernier étant contrôlé par la droite.

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