Les États-Unis vont libérer en Syrie un “combattant ennemi” américain détenu en Irak

Le département américain de la Justice a annoncé mercredi la prochaine libération en Syrie d’un Américain accusé d’avoir combattu pour le groupe Etat islamique (EI) et détenu par les forces américaines en Irak depuis plus de huit mois.

Dans une déclaration, le département de la Justice (DoJ) a annoncé avoir décidé la remise en liberté en Syrie, où il avait été fait prisonnier, d’un combattant américano-saoudien uniquement identifié sous le nom de "John Doe".

Mais son représentant légal, l’American Civil Liberties Union (ACLU), a immédiatement déclaré qu’elle combattrait cette décision, fustigeant une "manière honteuse de traiter un citoyen américain".

"Le gouvernement a effectivement admis qu’il n’avait aucune raison de continuer à détenir notre client et qu’il ne constituait pas une menace. Mais, au lieu de proposer une libération en toute sécurité, ils veulent jeter un citoyen américain sur le bord de la route dans un pays déchiré par la guerre, sans aucune garantie de protection", a affirmé l’ACLU dans une déclaration .

"Ce que le gouvernement offre à notre client n’est pas une libération, c’est un arrêt de mort."

La décision de libérer "John Doe" est un revirement inattendu, le gouvernement américain insistant depuis sa capture en septembre sur son droit à le garder indéfiniment, au motif qu’il avait été un "combattant ennemi" en Syrie dans les rangs de l’EI.

C’est le premier Américain membre présumé de l’EI capturé sur le champ de bataille. "John Doe", qui n’a jamais été inculpé, a toujours nié être lié à l’EI.

Autorisé à le représenter, l’ACLU a combattu avec succès la décision, il y a deux mois, de le transférer en Arabie saoudite sans son accord. En avril, un tribunal de Washington avait bloqué ce transfert.

Dans sa déclaration mercredi, le DoJ a annoncé que l’armée américaine avait offert à "John Doe" le choix d’être libéré dans une ville en Syrie dont le nom ne serait pas divulgué ou bien à l’extérieur d’un camp pour personnes déplacées en Syrie.

Mais l’homme "n’a pas choisi entre les deux lieux et dit qu’il n’accepterait pas la libération". Par conséquent, "le ministère dépose cet avis d’intention de libérer le requérant (Doe) dans la ville spécifiée".

La libération devrait se produire après une période d’attente de 72 heures ordonnée par le tribunal.

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