Le Maroc “champion du microcrédit” dans sa région, souligne une Note Focus

Selon cette Note, distribuée lors de la 5-ème conférence africaine de la micro-finance qui se teint du 19 au 22 septembre au siège de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) à Addis-Abeba, le secteur marocain du microcrédit a connu l’une des plus formidables croissances jamais observées en microfinance. En moins de quatre ans, de 2003 à 2007, le portefeuille de prêts des IMF a été multiplié par onze, et la clientèle par quatre.

Cette croissance exceptionnelle a été portée par quatre IMF leaders à savoir Zakoura, Al Amana, Fondation des Banques Populaires et Fondep. Ces institutions ont affiché des résultats remarquables selon tous les critères de performance appliqués en micro-finance, notamment l’échelle, le degré de pauvreté de la clientèle, la qualité des actifs et la rentabilité.

En 2007, le secteur de la microfinance au Maroc était l’un des plus actifs et de plus performants au monde. Ce succès n’aurait pas été possible sans l’appui permanent du gouvernement marocain. La loi sur la microfinance de 1999 a fourni un cadre clair pour le développement du secteur, et le gouvernement marocain a apporté un soutien financier par le biais d’un fonds public, le Fonds Hassan II, qui a permis aux premières IMF du pays de se doter en capital, rappelle la Note.

Le ministère des Finances a exercé un suivi rapproché et la banque centrale marocaine, Banque Al-Maghrib (BAM), a pris en charge la supervision des IMF à partir de 2007.

Le secteur a également bénéficié de l’appui de la communauté internationale des bailleurs de fonds, principalement de l’USAID et de la Commission européenne, a-t-on noté, ajoutant qu’une grande spécificité du secteur marocain du microcrédit réside dans l’engagement des banques locales: les banques commerciales sont des bailleurs importants du secteur, elles ont créé deux des principales IMF et finançaient 85 pc des actifs du secteur en 2008.

En 2007, les signes annonciateurs d’une crise ont commencé à apparaître, notamment une hausse des taux d’impayés et une progression de l’endettement croisé, a fait remarquer la Note, soulignant que la hausse brutale des portefeuilles à risque (PAR) a eu lieu en 2008 et affecté toutes les IMF. En décembre 2008, le PAR était de 5 %, et il atteignait le niveau alarmant de 10 % en juin 2009. Les abandons de créance ont eux aussi considérablement augmenté avec un impact négatif sur la rentabilité et la solvabilité des IMF.

Pour sortir de cette crise, le gouvernement a mis en place, en étroite collaboration avec la BAM et la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), un plan de consolidation du secteur du microcrédit. La première priorité est de renforcer les IMF. En effet, la BAM a décidé de consolider la gouvernance des IMF et améliorer la transparence. Aussi, le gouvernement marocain a dégagé 46 millions de dollars du Millenium Challenge Account pour allouer de nouvelles ressources et fournir une assistance technique destinée à renforcer les systèmes et les contrô les internes des IMF, précise la Note. La deuxième priorité porte sur le contrôle des prêts croisés et la prévention du surendettement, alors que la troisième priorité consiste à sécuriser des liquidités pour le secteur. Quant à la quatrième priorité, elle vise l’amélioration du cadre réglementaire.

Ces mesures, qui ont contribué à restaurer la confiance dans le secteur de la microfinance, ont jeté les bases pour un secteur plus solide et plus mature, capable de fournir des services financiers abordables à des millions de familles, affirme la Note Focus.

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