Après l’UE, qu’est-ce qui attend le Royaume-Uni?

Un avenir fantastique, comme le prédit Boris Johnson, ou une balle tirée dans le pied comme le décrient les anti-Brexit? Après presque 50 ans dans l’Union européenne, le Royaume-Uni écrit un nouveau chapitre de son histoire.

 

 Quels changements ce vendredi?

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union européenne le 31 janvier 2020, mais a continué d’observer ses règles pendant une période de transition qui s’est achevée jeudi soir. Le pays s’est affranchi des règles européennes, pour le meilleur ou pour le pire.

Avec l’accord commercial annoncé la veille de Noël, le Royaume-Uni échappe au scénario catastrophe du “no deal”, qui faisait craindre le chaos aux frontières, voire des pénuries. Mais les exportateurs britanniques devront malgré tout remplir une multitude de documents pour prouver que leurs biens sont autorisés à entrer dans le marché unique. Un alourdissement des procédures chronophage qui va leur coûter de l’argent et retarder le passage des frontières. Le gouvernement britannique avait prévenu qu’il faudrait s’attendre à des “perturbations à court terme”, accord ou pas.

 

 Qu’est ce que “Global Britain”?

Au nom du concept de “Global Britain”, Londres affirme vouloir redynamiser ses partenariats avec le reste du monde, notamment avec son “allié le plus proche et le plus important”, selon Boris Johnson: les Etats-Unis. Mais il a perdu un atout avec la défaite à la présidentielle de Donald Trump, partisan enthousiaste du Brexit.

Et la pandémie de nouveau coronavirus a durement frappé le Royaume-Uni, avec de lourdes conséquences économiques, menaçant l’avenir radieux promis par le dirigeant conservateur.

L’idée de ce “Global Britain” est que le Royaume-Uni ne se replie pas sur lui-même mais se tourne vers l’extérieur, pour nouer des accords de libre-échange partout dans le monde.

Dans ses voeux du Nouvel an, Boris Johnson a promis “un Royaume-Uni ouvert, généreux, tourné vers l’extérieur, internationaliste et pratiquant le libre-échange”.

Au total, le Royaume-Uni a signé plus de 60 accords de libre-échange avant la fin 2020, le plus souvent prolongeant les dispositions existant pour l’UE. Les discussions avec les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, d’importants partenaires, n’ont pas encore abouti.

En parallèle, le gouvernement a repris en main l’aide extérieure et le développement désormais gérés par le ministère des Affaires étrangères, un signe de la volonté d’aligner cette manne sur ses priorités stratégiques.

 

 Quelles transformations au Royaume-Uni?

Lors des élections de décembre 2019, le programme de Boris Johnson était de “réaliser le Brexit” puis de se concentrer sur les priorités des Britanniques, en particulier les services publics. L’idée était de faire porter les efforts et les investissements sur les régions qui n’ont pas profité de la croissance de Londres tirée par la finance.

Ce programme de “mise à niveau” par le biais de nouveaux investissements, tels que la ligne à grande vitesse HS2 desservant le centre et le nord de l’Angleterre, a été mis de côté pendant la pandémie.

Mais le gouvernement assure que ses objectifs à long terme sont maintenus et que l’argent jusque-là versé par Londres à l’Union européenne sera mieux dépensé sur le sol britannique.

Certains Brexiters réclament une refonte radicale du modèle économique britannique, pour transformer le pays en une sorte de “Singapour sur Tamise”, paradis fiscal au secteur financier ultra-déréglementé, et concurrent de l’UE à ses portes.

Londres devra cependant respecter des garde-fous pour conserver l’accès avantageux au marché européen obtenu. Le gouvernement assure qu’il ne franchira pas plusieurs “lignes rouges” et que la conclusion d’accords commerciaux ne se fera pas au détriment du service public de santé, le NHS, ou des normes agro-alimentaires.

Pour parvenir à un accord commercial, Washington pourrait aussi contraindre Londres à faire des concessions, comme celles négociées avec d’autres pays par l’économie la plus puissante du monde.

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