Sila Atlantik : Rabat répond enfin à Berlin et exprime son soutien au projet de câble sous-marin

La ministre marocaine de la Transition énergétique, Leila Benali, a adressé une lettre au gouvernement allemand exprimant le soutien du Maroc au projet Sila Atlantik, câble sous-marin destiné à acheminer de l’électricité renouvelable marocaine vers l’Allemagne.

Une lettre qui répond à celle de Berlin
Dans une lettre récemment adressée au gouvernement allemand, Rabat a exprimé son soutien au projet Sila Atlantik, qui doit relier le Maroc à l’Allemagne par deux câbles sous-marins afin d’y acheminer de l’électricité renouvelable. Selon Le Desk, cette lettre a été rédigée par la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, à destination du secrétaire d’État allemand à l’Économie, Frank Wetzel. Elle fait suite au courrier envoyé par Berlin en février dernier, dans lequel Frank Wetzel saluait déjà « les ambitions et le potentiel » du projet auprès du ministre marocain de l’Investissement, Karim Zidane — une réponse marocaine intervenue près de six mois plus tard.

Un soutien qui reste prudent sur les points sensibles
Selon Le Desk, la lettre marocaine ne tranche toutefois pas les questions les plus sensibles du dossier, notamment celle du foncier et de la réversibilité du câble, et renvoie la décision finale à une coordination directe avec le gouvernement fédéral allemand, seul habilité à trancher ce type d’engagement. Un des initiateurs du projet, Roman Dudenhausen, avait pour sa part fait état de discussions « très constructives » avec les autorités marocaines.

Un câble long de près de 4 800 kilomètres
Sila Atlantik ambitionne de transporter de grandes quantités d’électricité renouvelable depuis le Maroc vers l’Allemagne via un câble sous-marin d’environ 4 800 kilomètres, pour un coût estimé entre 30 et 40 milliards d’euros. Le projet repose sur la construction, au Maroc, de parcs éoliens et photovoltaïques d’une capacité totale de 15 gigawatts, avec un objectif d’exportation pouvant atteindre 26 térawattheures d’électricité par an, soit environ 5% des besoins électriques allemands. L’opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn, premier consommateur d’électricité du pays, a déjà manifesté son intérêt pour cette source d’approvisionnement, dans le cadre de son objectif de fonctionner intégralement aux énergies vertes d’ici 2038.

Un projet né du retrait britannique
Sila Atlantik n’est pas né du renoncement du Royaume-Uni au projet concurrent Xlinks, reliant le Maroc à l’Angleterre : la marque avait été déposée auprès de l’Office allemand des brevets dès début 2025, avant que Londres ne décide fin juin de ne pas soutenir la liaison entre Tan-Tan et l’Angleterre, malgré un tarif environ deux fois inférieur à celui des nouvelles centrales nucléaires britanniques. Le retrait britannique a surtout fait passer le projet allemand de plan de secours à option principale pour le consortium Xlinks, dirigé par Simon Morrish.

Des obstacles encore nombreux, une concurrence algérienne qui avance
Le projet doit encore obtenir l’accord des pays européens dont les eaux seraient traversées par le câble, dont le Portugal, la France, la Belgique et les Pays-Bas, dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement mondial en câbles sous-marins et en éoliennes. Pendant que les discussions maroco-allemandes patinaient ces derniers mois, l’Algérie a multiplié de son côté les accords énergétiques avec Berlin, une dynamique qui interroge la capacité du Maroc à transformer rapidement son potentiel renouvelable en levier d’influence face à sa voisine régionale.

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