L’Arabie saoudite et la France s’apprêtent à signer pour 10 milliards de dollars de contrats

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane doit signer lundi à Paris, avec le président Emmanuel Macron, une série de contrats évalués à 10 milliards de dollars, dans les secteurs de la santé, des transports et de l’énergie.

Une visite à forte portée économique
L’Arabie saoudite et la France s’apprêtent à signer des contrats d’une valeur de 10 milliards de dollars, à l’occasion de la visite officielle de deux jours effectuée par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Paris. « Les choses sont encore en discussion pour certains projets, mais il y aura beaucoup, beaucoup d’accords économiques dans différents secteurs qui seront signés lundi », a indiqué l’Élysée, citant notamment les transports, l’énergie et la santé. Les deux dirigeants doivent également aborder les grands sujets économiques et stratégiques structurant le partenariat bilatéral, notamment dans l’aéronautique et la défense, à l’occasion de la toute première réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien.

L’énergie et le détroit d’Ormuz au cœur des discussions
Une réunion ministérielle doit se tenir lundi pour évoquer la diversification des routes d’approvisionnement énergétique, alors que le détroit d’Ormuz, voie de transit stratégique pour les hydrocarbures, reste verrouillé par l’Iran. Le patrimoine et la culture figurent également au menu des discussions, l’émissaire présidentiel pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, ayant mis en avant l’approfondissement de la coopération franco-saoudienne dans l’archéologie, le tourisme et le développement durable, avec en toile de fond le projet de valorisation du site archéologique d’Al-Ula, dont la France est un partenaire de longue date. L’ambassadeur de France à Riyad, Patrick Maisonnave, a de son côté rappelé le poids du commerce bilatéral, évalué à 8,3 milliards d’euros en 2025.

Une réhabilitation entamée après l’affaire Khashoggi
Cette visite, la troisième de MBS à Paris après celles de 2022 et 2023, s’inscrit dans la continuité du Conseil de partenariat stratégique lancé lors du déplacement d’Emmanuel Macron à Riyad en décembre 2024. Elle marque un contraste frappant avec la poignée de main controversée de 2022, huit ans après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui avait longtemps valu au prince héritier une mise à l’écart diplomatique.

Une logique d’intérêts partagés plus que de valeurs communes
Sur le plan géopolitique, cette visite illustre une dynamique désormais bien installée : Paris, confrontée à l’urgence de sécuriser ses approvisionnements énergétiques et de préserver son influence au Proche-Orient, considère Riyad comme un partenaire devenu incontournable, économiquement comme diplomatiquement, quels qu’aient pu être les différends passés.

Cette rencontre intervient par ailleurs quelques semaines seulement après la signature, le 7 août, du pacte de défense mutuelle de La Mecque entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, un signal supplémentaire de la volonté saoudienne de diversifier ses partenariats stratégiques sans rompre pour autant avec ses alliés occidentaux traditionnels.

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