Les frappes aériennes et d’artillerie israéliennes se poursuivent dans le sud du Liban
L’armée israélienne poursuit ses frappes aériennes et ses tirs d’artillerie dans le sud du Liban, malgré le cessez-le-feu conclu en juin avec le Hezbollah, dans un climat de tensions qui n’a cessé de s’aggraver ces dernières semaines.
Des attaques qui restent quasi quotidiennes
Les attaques aériennes et d’artillerie d’Israël contre le sud du Liban se poursuivent. Le 22 août, l’armée israélienne a mené une nouvelle série de frappes, de bombardements d’artillerie et de tirs de drones dans plusieurs zones du sud du pays, visant notamment la ville de Mansouri, la région de Bayt al-Sayyad et les abords de Majdal Zoun, provoquant d’importants dégâts matériels selon l’agence libanaise NNA. Des frappes et tirs d’artillerie ont également touché le secteur de la crête d’Ali al-Taher, colline stratégique surplombant la région de Nabatiyé. Quelques jours plus tôt, le 21 août, l’aviation israélienne avait bombardé le village de Baraachit, dans le caza de Bint Jbeil, visant selon l’armée « plusieurs individus suspects » ayant franchi la ligne délimitant la zone tampon.
Un cessez-le-feu de juin sous tension constante
Ces opérations s’inscrivent dans un cycle de violences quasi ininterrompu depuis la conclusion, en juin, d’un protocole d’accord irono-américain sur le Moyen-Orient, incluant un cessez-le-feu au Liban et un accord-cadre entre Beyrouth et Israël parrainé par Washington. Malgré cet accord, le Liban continue de faire état de frappes et de tirs d’artillerie israéliens sporadiques, ainsi que de dynamitages et de démolitions dans les villages du Sud sous contrôle israélien. Le 15 août, des frappes avaient fait neuf morts, dont trois enfants et deux femmes à Ansar, ainsi que deux autres victimes à Deir Zahrani, un bilan que le gouvernement libanais avait qualifié de plus lourd depuis l’accord de juin. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, avait alors dénoncé une « escalade ». Début août, l’armée israélienne avait également frappé Tebnine, tuant une personne et en blessant onze autres, en réponse selon elle à une « violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah ».
Une « zone tampon » contestée depuis mars
Ce cycle de violence remonte au 28 février, jour du déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Peu après, l’armée israélienne avait annoncé la création d’une « zone tampon » au sud du fleuve Litani, représentant environ 8% du territoire libanais sur près de 30 kilomètres le long de la frontière, appelant les habitants à fuir. L’armée libanaise avait alors évacué une cinquantaine de positions dans la région. Depuis le début de ce conflit, l’armée israélienne affirme avoir perdu 38 soldats et un employé civil sous contrat.
Des positions inconciliables
Israël justifie ces opérations en affirmant vouloir empêcher le Hezbollah de reconstituer ses capacités et sa présence armée près de la frontière, tandis que le Liban exige la cessation des attaques et le retrait total des forces israéliennes de son territoire.
