Espagne : L’immigration a réduit de moitié l’impact négatif du vieillissement sur l’économie (Rapport)
Le rapport met en évidence le rôle déterminant de l’immigration dans le rajeunissement de la population et la progression des taux d’emploi. En l’absence de ces arrivées, la contraction de la population en âge de travailler entre 2000 et 2019 aurait été plus de deux fois supérieure à celle effectivement observée.
D’après les auteurs de ce rapport, l’immigration a permis d’atténuer d’environ 60% la dégradation du « dividende démographique », indicateur clé de la croissance qui mesure l’élan économique généré lorsque la population active augmente plus rapidement que la population totale.
Pour la période récente (2020-2024), les experts relèvent que la contribution de la main-d’œuvre étrangère au taux d’emploi est devenue nettement positive, avec un gain cumulé proche d’un point en quatre ans. Les travailleurs étrangers affichent, en outre, un taux d’activité supérieur de 15 points à celui des natifs, l’insertion professionnelle constituant leur principal moteur de mobilité.
L’étude souligne toutefois que l’immigration, aussi essentielle soit-elle, ne saurait constituer à elle seule une réponse au « hiver démographique ». Les chercheurs insistent sur la nécessité de renforcer la productivité par habitant, qui demeure l’un des points faibles structurels de l’économie espagnole.
Afin de transformer ce potentiel démographique en richesse durable, Fedea recommande des politiques d’intégration plus efficaces, une meilleure reconnaissance des qualifications et une réduction des écarts éducatifs.
Actuellement, la population née à l’étranger provient majoritairement d’Amérique du Sud (7% de la population totale), suivie de l’Union européenne (3,3%) et de l’Afrique (3,1%). Cette dynamique migratoire a permis à la population espagnole d’enregistrer, au début des années 2000, des taux de croissance proches de 2%, contre environ 0,5% en l’absence d’apport migratoire, limité à la seule croissance naturelle.

