Brésil : Lula dénonce l’initiative de Trump comme une menace au multilatéralisme onusien
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a accusé Donald Trump de vouloir, avec son « Conseil de paix », « inventer une nouvelle ONU » dont il serait « le seul maître », dénonçant une initiative concurrente des Nations unies qui met en danger le multilatéralisme.
Dans une déclaration à Brasilia, Lula a déclaré que le Board of Peace de Trump cherche à contourner l’ONU en s’octroyant un mandat mondial sur la paix et la sécurité, sans mentionner Gaza malgré son origine. Il affirme avoir appelé plusieurs dirigeants, dont Vladimir Poutine (Russie), Narendra Modi (Inde) et Claudia Sheinbaum (Mexique), pour plaider en faveur du rôle central de l’ONU et d’une réponse unie contre ce qu’il décrit comme un « impérialisme américain masqué en diplomatie de paix ».
Cette critique s’inscrit dans un contexte général de réticences face au projet américain. Plusieurs pays européens ont décliné l’invitation : la France, la Norvège, la Slovénie, la Suède, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont refusé ou s’y opposent fermement, au nom de l’incompatibilité avec la Charte des Nations unies et de la crainte d’un affaiblissement du système multilatéral onusien. La Commission européenne et d’autres États membres de l’UE (Espagne, Portugal, Italie, Pays-Bas, etc.) n’ont pas répondu ou restent prudents, privilégiant une position coordonnée.
À l’inverse, une vingtaine de pays ont accepté de devenir membres fondateurs, parmi lesquels l’Argentine, l’Égypte, la Hongrie, l’Indonésie, la Jordanie, le Maroc, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les Émirats arabes unis, désiraux d’avoir leur mot à dire dans la reconstruction de Gaza.
Lula, qui prône depuis son retour au pouvoir une diplomatie active et non-alignée, perçoit le Conseil de paix comme une manoeuvre de Trump pour remodeler le monde autour d’un leadership américain unilatéral, au détriment de l’ONU et des pays du Sud.

