Trump revendique la souveraineté américaine sur les zones militaires du Groenland
Le président américain Donald Trump a affirmé que les États-Unis allaient prendre possession des parties du Groenland où se trouvent des bases militaires américaines, dans une interview au New York Post publiée samedi, intensifiant la crise transatlantique autour de l’île arctique.
Cette annonce intervient après deux semaines de tensions, Trump ayant menacé d’intervention militaire et de surtaxes douanières contre le Danemark et ses alliés européens pour leur refus de vendre le Groenland, territoire autonome danois. Un accord de principe conclu jeudi dernier à Bruxelles prévoyait des négociations pour renégocier l’accord de défense de 1951, autorisant les États-Unis à renforcer leur présence militaire (notamment à la base de Pituffik, ex-Thule), sans transfert de souveraineté. Trump semble désormais plaider pour une prise de contrôle territoriale directe, invoquant des nécessités stratégiques face à la présence russe et chinoise dans l’Arctique.
Il y a des exemples dans le monde de puissances qui contrôlent de facto des territoires étrangers par le biais d’accords militaires. À Guantanamo (Cuba), les États-Unis exercent une souveraineté de fait sur une baie louée depuis 1903, malgré les protestations cubaines. À Diego Garcia (archipel des Chagos), loué par le Royaume-Uni aux États-Unis depuis 1966, la Cour internationale de justice a estimé en 2019 que le territoire appartient à Maurice, sans conséquence immédiate. Au Japon (Okinawa), les bases américaines occupent 15% du territoire, créant des tensions locales malgré l’accord bilatéral. Ces cas montrent comment des arrangements post-coloniaux ou de guerre froide perdurent.
Géopolitiquement, cette revendication trumpienne s’inscrit dans une logique d’« America First » pour sécuriser l’Arctique, riche en ressources (terres rares, hydrocarbures) et en nouvelles routes maritimes grace au réchauffement climatique. Elle risque toutefois de fragiliser une OTAN déjà fracturée en s’aliénant des alliés comme le Danemark, qui a renforcé sa présence militaire au Groenland avec le soutien européen.

