« Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous », a lancé le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, dans un message publié sur X.
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a affirmé que ses troupes avaient « toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive » afghane.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent de violentes explosions ainsi que des avions de chasse dans la capitale afghane tôt vendredi matin. Des frappes ont également été signalées à Kandahar, fief du chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, ainsi que dans la province frontalière de Paktia.
Cette escalade fait suite à des bombardements pakistanais le week-end dernier dans les provinces afghanes de Nangarhar et Paktika, présentés par Islamabad comme une réponse à des attentats-suicides sur son territoire qui auraient causé la mort d’au moins 13 civils, selon la mission de l’ONU en Afghanistan.
En guise de réponse, l’armée afghane avait annoncé jeudi des « attaques massives » à la frontière, le porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, affirmant que ses forces avaient pris 15 avant-postes pakistanais et tué des « dizaines » de soldats.
Les autorités talibanes ont annoncé vendredi de nouvelles frappes à « grande échelle » contre des positions pakistanaises, tandis que le gouvernement afghan affirmait que les bombardements nocturnes d’Islamabad n’avaient pas fait de victimes.
Les relations entre le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan se sont fortement dégradées depuis la prise de Kaboul par les talibans en août 2021.
Islamabad accuse Kaboul d’abriter des militants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), responsables d’attaques sur son territoire, ce que les autorités afghanes démentent. Les points de passage frontaliers sont fermés depuis des affrontements qui ont fait plus de 70 morts des deux côtés en octobre dernier.
Une brève trêve, négociée en octobre sous médiation qatarie et turque, avait été déclarée caduque neuf jours après sa conclusion par le Pakistan, et les cycles de négociations ultérieurs ont échoué à désamorcer le conflit.
