Etats-Unis: les éléments clés du projet de loi sur le salaire minimum

La bataille législative en faveur du doublement du salaire minimum fédéral a été lancée cette semaine aux Etats-Unis.

L’objectif est de le porter à 15 dollars de l’heure à l’horizon 2025 contre 7,25 dollars aujourd’hui.

Le projet de loi, “Raise the Wage Act of 2021”, déposé par le démocrate de l’Etat de Virginie, Bobby Scott, est largement soutenu par l’aile progressiste du parti démocrate représentée par Bernie Sanders, ancien candidat à la présidentielle et sénateur du Vermont.

Le texte prévoit de porter le salaire minimum à 9,50 dollars de l’heure, trois mois seulement après sa promulgation.

Quatre hausses interviendraient ensuite pour atteindre 15 dollars en 2025.

Par la suite, le salaire minimum fédéral serait indexé sur la croissance médiane des salaires.

La nouvelle législation a en outre pour but de garantir que tous les travailleurs reçoivent au moins l’intégralité du salaire minimum fédéral en supprimant progressivement les salaires inférieurs au salaire minimum pour les travailleurs dont la rémunération provient essentiellement des pourboires, les fameux “tips”.

Actuellement, un patron de bars ou restaurants peut rémunérer que 2 ou 3 dollars de l’heure ses salariés si leurs “tips” permettent de combler l’écart avec le salaire minimum de 7,25 dollars.

Un salaire minimum fédéral à 15 dollars est réclamé depuis longtemps par les syndicats et les démocrates.

L’ancien président Barack Obama n’est pas parvenu à le faire augmenter au cours de ses deux mandats face à la vive opposition des républicains.

Les 7,25 dollars avaient été atteints le 24 juillet 2009, fruit d’une loi votée deux ans plus tôt. Depuis, ce salaire est resté inchangé.

Néanmoins, de très nombreux salariés ont bénéficié de hausses décrétées au niveau de l’Etat ou niveau local, par les maires de grandes villes ou encore dans de grandes entreprises telles que Target, Starbucks ou Amazon qui essaient d’attirer et maintenir leur main d’oeuvre.

Aujourd’hui, il y a une grande disparité entre les Etats du sud qui s’en tiennent globalement au salaire minimum fédéral et ceux de l’Est comme le Massachusetts (13,5 dollars) ou New York (au moins 12,50 dollars et 15 dollars à New York City) ou de l’Ouest comme la Californie (au moins 13 dollars) dont les niveaux sont bien supérieurs.

Le débat au Congrès promet d’être mouvementé alors que les économistes n’ont pas trouvé de consensus sur l’impact – positif ou négatif – d’une hausse du salaire minimum sur l’économie.

“C’est un débat intellectuel qui dure depuis des dizaines d’années”, souligne Gregory Daco, chef économiste chez Oxford Economics.

L’exemple de Seattle, qui est devenue en 2014 la première grande ville américaine à adopter un salaire minimum de 15 dollars de l’heure, en est une illustration.

Une étude de 2018 de l’Université de Washington avait conclu que cette mesure avait réduit la masse salariale totale des emplois à faible revenu, les salaires augmentant, certes de 3%, mais le nombre d’heures travaillées chutant de 6 à 7%.

Une autre étude, réalisée en 2017 par l’Université de Berkeley, avait au contraire estimé que les salaires dans le secteur de la restauration avaient augmenté sans perte d’emploi.

Howard Wright, directeur général du groupe Seattle Hospitality et co-auteur de la mesure de 2014, a balayé les études contradictoires. “Notre économie était en plein essor jusqu’à (la pandémie de) Covid”, a-t-il souligné.

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