Egypte : l’armée appelle au dialogue pour trouver une solution à la crise politique

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L’armée égyptienne a appelé, samedi, les forces politiques à s’engager dans un dialogue pour trouver une solution à la crise politique, née d’un décret pris le 22 novembre par le chef de l’Etat élargissant temporairement ses prérogatives présidentielles.

"Les forces armées affirment que le dialogue est la meilleure et la seule voie pour parvenir à un consensus et représenter au mieux les intérêts de la Nation et de ses citoyens", a dit un porte-parole militaire dans une déclaration lue à l’antenne de la télévision et de la radio publiques.

Tout en mettant en garde qu’elle empêcherait toute violence, l’armée a souligné que le désaccord "précipitera le pays dans un tunnel sombre qui débouchera sur une catastrophe, ce que nous ne tolérerons pas".

Le communiqué a appelé aussi au "respect de la légalité et des règles démocratiques sur lesquelles nous nous sommes tous entendus", relevant que la "responsabilité" de l’armée est de préserver les intérêts du pays et de protéger les institutions et la population.

Le porte-parole a cependant averti que toute solution à la crise ne doit pas aller à l’encontre de la "légitimité et des règles de la démocratie", soulignant que "l’armée s’est toujours tenue aux côtés du grand peuple égyptien et est déterminée à préserver son unité".

Vendredi soir, le vice-président Mahmoud Mekky avait évoqué l’éventualité d’un report du référendum sur le projet controversé de la constitution, prévu initialement le 15 mars, "si cela pouvait être fait sans rencontrer d’obstacles juridiques".

Après plusieurs jours sanglants ayant fait 7 morts et des centaines de blessés, le Président égyptien a appelé, jeudi soir, à un dialogue national global pour trouver une solution à la crise politique provoquée suite à l’adoption le 22 novembre d’un décret élargissant les pouvoirs présidentiels.

En réaction à ce discours, le Front du salut national, coalition de l’opposition égyptienne, a annoncé son rejet de l’offre de dialogue national.

Dans un communiqué, le Front a exprimé le "refus de participer au dialogue proposé par le président de la République ce samedi".

Selon cette coalition présidée par l’ancien chef de l’agence internationale pour l’énergie atomique, Mohamed El Baradei, l’offre du président ne présente pas les bases "d’un dialogue véritable et sérieux".

Il a, dans ce sens, demandé l’annulation du décret du 22 novembre par lequel le président a considérablement élargi ses pouvoirs, et du référendum prévu le 15 décembre sur un projet controversé de la Constitution.

L’opposition dénonce une "dérive autoritaire" de M. Morsi depuis que ce dernier a élargi considérablement ses pouvoirs par un décret mettant à l’abri de tout recours en justice ses décisions ainsi que la commission constituante accusée d’être largement dominée par les islamistes.

Elle demande aussi l’abandon du référendum prévu le 15 décembre sur le projet de Constitution, accusé entre autres d’offrir peu de garanties pour les libertés d’expression et de religion.

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