SIAM 2026: des experts soulignent l’importance de la génétique animale pour transformer les systèmes d’élevage

Des experts marocains et étrangers ont souligné, lors d’une conférence tenue vendredi à Meknès en marge de la 18ème édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), l’importance de valoriser la génétique animale en tant que levier essentiel d’adaptation et de développement des systèmes d’élevage ainsi que de garantie de la souveraineté alimentaire.

Lors d’une conférence tenue à l’initiative de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) sous le thème « La génétique animale : la réponse de la recherche, développement et innovation pour un système d’élevage durable au Maroc », les participants ont soulevé l’urgence de renforcer la recherche et l’innovation afin de valoriser les races locales, un pilier indispensable pour assurer la résilience du secteur face aux défis climatiques.

S’exprimant à cette occasion, la directrice de l’INRA, Lamiae Ghaouti, a affirmé que la maîtrise de la génétique animale constitue un pilier essentiel pour atteindre la souveraineté alimentaire et renforcer la résilience des chaînes de production animale face aux aléas climatiques et aux défis liés à la rareté des ressources naturelles, soutenant que la génétique représente aujourd’hui un levier stratégique pour accroître la productivité et améliorer les performances.

Après avoir mis en lumière la diversité des races animales au Maroc, Mme Ghaouti a indiqué que certaines races locales, en dépit de leur robustesse et de leur capacité d’adaptation aux diverses conditions environnementales, demeurent sous-exploitées, appelant à l’élaboration d’une vision intégrée qui concilie la préservation de ce patrimoine génétique et la garantie de l’efficacité productive, avec ce que cela exige en termes d’intensification des efforts de recherche et développement pour appréhender les caractéristiques génétiques des différentes espèces.

Elle est également revenue sur les objectifs stratégiques de cette rencontre, qui tend à créer un espace de dialogue constructif réunissant les compétences scientifiques, les experts internationaux et les acteurs de terrain, dans le but de prospecter des solutions innovantes et de tirer les enseignements des expériences réussies sur le terrain.

De son côté, l’expert auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Mohammed Bengoumi, a mis l’accent sur l’importance cruciale de la génétique animale en tant que pilier essentiel pour garantir la survie des races et réaliser la sécurité alimentaire, relevant que la préservation de cette richesse animale joue un rôle central dans la garantie de l’alimentation des peuples et la pérennité de la vie sur Terre.

Il a, en outre, mis en relief la nécessité de préserver les races locales qui constituent une richesse nationale, eu égard à leur forte capacité d’adaptation aux conditions climatiques rudes et leur résistance à de nombreuses maladies, saluant les efforts déployés en collaboration avec l’INRA et les parties compétentes pour l’amélioration et l’exploitation durable de ces ressources génétiques afin de garantir la sécurité alimentaire future.

Parallèlement, M. Bengoumi a mis en exergue la situation mondiale, faisant observer qu’environ 100 races animales ont disparu entre 2000 et 2014, en raison des changements climatiques et de l’insuffisance des programmes de conservation des races, outre l’introduction de races exotiques.

Dans le même sillage, l’éleveur El Mrini Kotb a évoqué les atouts et caractéristiques de la race « INRA 180 », qu’il adopte depuis 12 ans dans la région de « Zaër », l’une des races locales qui se distingue par sa capacité d’adaptation aux conditions de son milieu de vie et sa haute productivité

Cette race se caractérise par une fertilité élevée et une bonne capacité de reproduction, puisqu’elle peut mettre bas deux fois par an en toute facilité, précisant que son taux de reproduction atteint 160%, ce qui la rend nettement supérieure à d’autres races dont le taux de reproduction ne dépasse pas 95%, a-t-il ajouté.

Lors de cette rencontre, un hommage a été rendu au chercheur Moussa El Fadili en reconnaissance de ses efforts dans la recherche scientifique en matière d’amélioration génétique à l’échelle nationale au sein de l’INRA.

A cet égard, M. El Fadili a souligné que cet hommage rendu par l’INRA couronne un long parcours de travail assidu et continu dans le domaine de l’amélioration génétique, et confirme l’engagement de l’Institut à soutenir les compétences nationales qui contribuent activement au développement du secteur agricole dans le Royaume.

Les recherches menées, relatives au développement de nouvelles races telles que « INRA 180 », a-t-il fait remarquer, visent à augmenter la productivité des viandes rouges dans les zones arables, ce qui contribuera directement à l’approvisionnement des abattoirs et des marchés nationaux, à la valorisation des races locales et à la garantie de l’autosuffisance dans ce secteur vital.

Le Salon, qui se poursuit jusqu’au 28 avril courant, accueille plus de 1.500 exposants, 500 coopératives, 200 éleveurs et 45 délégations étrangères, avec plus de 1,1 million de visiteurs attendus.

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