Une première, le grand peintre Delacroix s’invite dans une exposition exceptionnelle au Musée Mohammed VI de Rabat

Grand événement ! L’exposition exceptionnelle ‘’Delacroix : souvenirs d’un voyage au Maroc’’ s’est ouverte mardi au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat. Une journée qui marque les retrouvailles de ce grand peintre (1798-1863) du mouvement romantique avec le Maroc où il a séjourné pendant plusieurs mois, en 1832, et qui est resté pour lui une source d’inspiration durant toute sa vie.

Organisée du 6 juillet au 9 octobre 2021 par la Fondation Nationale des Musées (FNM) en collaboration avec le musée d’Eugène Delacroix, le musée du Louvre et le Musée Mohammed VI, l’exposition retrace le voyage du peintre français à travers des tableaux, des dessins, des armes et des instruments de musique qu’il a rapportés de son voyage et l’ont accompagné durant toute sa carrière d’artiste. L’idée est de présenter à la fois des peintures de Delacroix, considéré comme le premier ambassadeur de la lumière et des couleurs marocaine, mais aussi des objets marocains ramenés par le peintre en France.

L’exposition, une première sur le continent africain et dans le monde arabe, donnera à découvrir l’histoire du peintre et de ce voyage qui apporte également une clé de lecture et de compréhension de cette époque au Maroc, sur les plans historique, diplomatique et surtout artistique.

Il s’agit d’une belle poésie en couleurs et en lumières, une cadence qui se nourrit du rythme de la culture Marocaine, des corps a corps dansants partout dans le mouvement bien tracé d’une main amoureuse d’une Afrique du nord, d’une ville appelée Tanger et d’une autre nommée Meknès, de montagnes de l’Atlas et d’une Méditerranée beaucoup plus belle ici qu’ailleurs.

Un décor magique qui nous est proposé avec ce coffre où Delacroix mettait ses souvenirs du Maroc pour s’en inspirer pendant toutes les années qui suivent en donnant vie à de magnifiques toiles qui témoigneront 200 ans durant d’une authenticité inégalable comme l’illustre si bien son œuvre ‘’le Sultan Abderrahman’’ dans la Médina de Meknès, d’un art puissant et très expressif comme dans la toile représentant les deux musiciens juifs et la danseuse, d’une tradition guerrière imposante comme dans ses œuvres sur la fantasia et d’un paysage verdoyant et généreux qui a inspiré l’artiste des années après dans toutes ses œuvres, même celles dont les thèmes étaient autres que Maroc bien aimé. Un pays qu’il avait imaginé des années avant, dans sa fameuse œuvre ‘’le Lion de L’Atlas’’.

Mehdi Qotbi avec la ministre du Tourisme.

La ville de Tanger ne fut pas moins illustrée que la celle de Meknès dans le travail minutieux du peintre talentueux. Un Maroc pluriel où le bleu de la mer se marie majestueusement avec le vert de la forêt et où la magnifique peinture animalière reflète ce côté instinctif de l’artiste et qui s’oppose délicatement à sa subtilité et son raffinement.

‘’Faire venir les œuvres à Rabat n’était pas chose facile pour l’équipe organisatrice de l’exposition’’, confie Mehdi Qotbi, président de la FNM à Atlasinfo. Un argument que va soutenir et confirmer Claire Bessede, directrice du musée d’Eugène Delacroix. Pour l’artiste peintre marocain ‘’démocratiser” l’art en le rendant accessible à toutes les catégories sociales est une priorité majeure pour la Fondation

L’ ambiance chaleureuse qui a régné pendant la cérémonie de l’inauguration se lisait également dans les yeux des invités connaisseurs en art et en l’histoire des arts, étant eux même en majorité des artistes, diplomates et journalistes nationaux et internationaux.

En plus des œuvres de Delacroix, les commissaires de l’exposition ont pris l’initiative de présenter un nombre d’objets que le grand peintre avait collectionné lors de son séjour de 6 mois au Maroc en 1832. Des armes, des sacoches en cuir, des instruments de musique, des vêtements d’hommes brodés ainsi que des gargoulettes et des plats en céramique font merveilleusement partie de cette exposition qui sera accessible à moitié prix aux Marocains résidant à l’étranger dans le but d’assurer une bonne transmission du patrimoine artistique et culturel du pays à leurs enfants.

L’œuvre sublime d’Eugène Delacroix ne se limite pas dans son orientalisme réalisé par la magie du souvenir de son voyage au Maroc, l’artiste a décoré les plafonds des Églises et de bibliothèques de France avec beaucoup de talent, de maîtrise et de justesse. Il a aussi fait des fleurs l’un de ses thèmes majeurs et a Sublimé la femme en donnant à son corps toute la finesse et le raffinement qu’un pinceau de maître artiste peut lui offrir.

 

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