Décès d’un soldat américain qui avait fait défection en Corée du Nord

Un soldat américain qui avait fait défection en Corée du Nord il y a plus de 50 ans est décédé à Pyongyang l’année dernière, témoignant de sa fidélité envers le “grand leader Kim Jong-Un”, ont annoncé ses fils.

James Joseph Dresnok figurait parmi une petite poignée de soldats américains qui avaient fait défection en Corée du Nord à la suite de la guerre de Corée (1950-53).

Il s’agissait du dernier cas connu de soldats transfuges en Corée du Nord, les autres étant morts ou ayant été autorisés à partir.

C’est en 1962 qu’il avait franchi la zone démilitarisée – DMZ, en fait la frontière fortifiée qui divise la péninsule -, après avoir été stationné en Corée du Sud. Il était apparu ensuite dans les films de propagande nord-coréens.

Dans un entretien vidéo posté vendredi sur le site nord-coréen Uriminzokkiri, ses fils Ted et James Dresnok confirment que leur père a succombé en novembre 2016 à un accident vasculaire cérébral.

"Notre père était entre les bras de la République et n’a reçu que de l’amour et des soins de la part du parti jusqu’à son décès à l’âge de 74 ans", dit Ted Dresnkok, l’aîné des deux fils.

Il porte comme son frère l’uniforme de l’armée du peuple coréen.

Les deux hommes nés en Corée du Nord s’expriment couramment en coréen, avec un fort accent du Nord.

"Notre père nous a demandé de servir notre grand leader Kim Jong-Un avec dévotion", ajoute Ted Dresnok, qui porte également un nom coréen, Hong Soon-Chol.

Leur mère serait Doina Bumbea, une Roumaine dont la famille dit qu’elle a été enlevée par Pyongyang.

Dans un rapport accablant sur les droits de l’homme en Corée du Nord, une commission d’enquête de l’ONU avait conclu en 2014: "des femmes enlevées en Europe, au Moyen-Orient et en Asie ont été contraintes à des mariages forcés avec des hommes originaires d’autres pays pour empêcher ces derniers d’avoir des liaisons avec des Coréennes qui auraient pu produire des enfants mixtes".

Un autre transfuge américain, Charles Jenkins, avait épousé une Japonaise enlevée, Hitomi Soga, quelques semaines après leur rencontre en Corée du Nord.

Soga avait été autorisée à partir en 2002 et Jenkins et leur deux filles l’avaient suivie deux ans plus tard au Japon. Passé devant une cour martiale pour désertion, il avait écopé d’une peine symbolique.

Quatre autres déserteurs américains de l’après-guerre de Corée seraient morts en Corée du Nord.

Evoquant la récente aggravation des tensions entre Washington et Pyongyang au sujet de son programme balistique et nucléaire, Ted Dresnok prévient les "impérialistes américains" qu’ils fomentent une "hystérie guerrière" sans rien connaître de l’armée de Corée du Nord ou de son peuple.

Si une guerre éclate, dit-il, "nous ne raterons pas l’occasion de rayer les Etats-Unis de la carte du monde pour toujours".

Les tensions ont atteint des sommets depuis que Pyongyang a testé en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux.

En réaction, le président américain Donald Trump a menacé de déchaîner "le feu et la colère" sur la Corée du Nord.

Pyongyang a répliqué en promettant de tirer une salve de missiles à proximité du territoire américain de Guam, dans le Pacifique, avant de mettre ce projet sur pause.

"Nous avons notre cher commandant suprême Kim Jong-Un", ajoute James Dresnok, alias Hong Chol. "S’il est à notre côté, la victoire est certaine".

En 2006, James Dresnok senior, dit Joe, avait fait l’objet d’un documentaire britannique, "Franchir la frontière", dans lequel il se disait satisfait de sa vie à Pyongyang, où les gens bénéficient en général d’un meilleur niveau de vie qu’ailleurs en Corée du Nord.

Dans un entretien avec la chaîne américaine CBS, il avait déclaré qu’il ne partirait jamais "même si vous mettez un milliard de dollars d’or sur la table".

AFP

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