L’initiative a porté à près de 1.400 milliards de dollars le cumul des investissements et contrats de construction conclus depuis son lancement en 2013 avec quelque 150 pays, d’après le centre de recherche rattaché à l’université australienne Griffith.
Les accords conclus l’an dernier ont été largement tirés par l’énergie, qui a concentré 43% de l’engagement total chinois, en nette progression sur un an, dans un mouvement combinant une montée en puissance des énergies renouvelables et un regain marqué des projets liés aux combustibles fossiles.
Les investissements dans le pétrole, le gaz et les infrastructures associées ont presque triplé sur un an pour atteindre 71,5 milliards de dollars, représentant plus de 74% de l’engagement énergétique extérieur de la Chine, leur niveau le plus élevé depuis 2014, selon le rapport.
Les secteurs des métaux et des mines ont également connu une forte accélération, avec 32,6 milliards de dollars d’accords, dont près de 60% concentrés au Kazakhstan, pays riche en terres rares, tandis que les investissements liés au cuivre se sont intensifiés au second semestre, portés par la demande croissante des centres de données et de l’intelligence artificielle (IA).
Les projets dans la technologie et l’industrie manufacturière ont, eux aussi, atteint un sommet historique, avec 28,7 milliards de dollars d’accords, en hausse de 27% sur un an, notamment dans les batteries au lithium et les semi-conducteurs.
À l’inverse, les projets de transport, longtemps emblématiques de l’initiative, ont reculé à 13,3 milliards de dollars, ne représentant plus que 6,2 % de l’engagement total, loin du pic observé en 2018.
Sur le plan géographique, la Chine a opéré un net pivot vers l’Afrique et l’Asie centrale, où les investissements ont respectivement presque triplé et quadruplé, certaines entreprises cherchant à optimiser leurs chaînes d’approvisionnement face aux droits de douane américains.
Malgré les incertitudes liées aux tensions commerciales mondiales, les auteurs du rapport estiment que les Routes de la soie pourraient encore gagner en ampleur en 2026, même si le rythme des grands accords pourrait se modérer au profit de projets ciblés dans l’énergie, les mines et l’industrie.
Lancée en 2013 par le président Xi Jinping, l’initiative des Nouvelles routes de la soie vise à relier économiquement la Chine à l’Europe en passant par l’Asie centrale, à travers un vaste réseau de corridors routiers, ferroviaires, énergétiques et numériques, complété par un volet maritime intégrant notamment les pays riverains de l’océan Indien et de l’Afrique.

