“Ségur de la santé”: des soignants manifestent pour réclamer du “concret”

Plusieurs rassemblements de soignants ont eu lieu mardi un peu partout en France afin de réclamer des “mesures concrètes” pour les hôpitaux, les syndicats disant attendre “autre chose que des discours et des promesses” au deuxième jour du “Ségur de la santé”.

A Paris, plusieurs dizaines de manifestants se sont retrouvés à l’appel de la CGT devant l’hôpital Saint-Antoine. Equipés de banderoles et de pancartes, ils ont appelé à “déconfiner la colère” des soignants pour “mettre la pression sur le gouvernement”.

“Pour l’instant, on n’a que des discours et des promesses. On attend des actes concrets”, a martelé Christophe Prudhomme, médecin urgentiste de Seine-Saint-Denis, en dénonçant les conditions dans lesquelles le gouvernement a engagé son “Ségur de la santé”.

Cette vaste concertation, qui doit aboutir d’ici sept semaines à des accords censés améliorer le quotidien des soignants et la prise en charge des malades, a été lancée lundi par Edouard Philippe lors d’une visioconférence à laquelle ont participé 300 personnes.

Elle se poursuit mardi avec la mise en place d’un groupe de travail sur les “carrières et rémunérations” et d’un “comité Ségur national”, piloté par l’ancienne responsable de la CFDT Nicole Notat, qui servira de cadre pour suivre “l’avancement global de la concertation”.

“Hier, nous avons vu un grand show, ce n’était pas des négociations”, a dénoncé Christophe Prudhomme, en critiquant le choix de l’ex-responsable de la CFDT Nicole Notat pour piloter le débat. “Elle a une connotation politique qui pose problème”, a-t-il jugé.

“Le Ségur, ça s’appelle une opération de com'”, a abondé Rose-May Rousseau, secrétaire générale de l’Usap-CGT, qui regrette l’absence d’engagement chiffré sur les salaires, mais aussi sur les embauches, l’une des principales revendications des manifestants.

 “mardis de la colère”

A Marseille, plusieurs centaines de soignants, soutenus par quelques militants “gilets jaunes”, se sont retrouvés devant les urgences de l’hôpital de la Timone mardi après-midi, sous des pancartes “Applaudis depuis un mois, en grève depuis un an”.

“Cette crise a montré qu’il faut laisser les soignants diriger, et se passer de tout cet administratif qui nous empêche de travailler”, a assuré à l’AFP Sandrine Blanchard, infirmière de 46 ans, un autocollant CGT collé sur la blouse blanche.

Un message relayé par Karine Gardon, infirmière à Lyon, où près de 150 soignants ont manifesté devant l’hôpital Edouard Herriot, le plus gros de la région Auvergne-Rhône-Alpes. “Ca fait des années qu’on se bat et rien n’avance, on n’est pas reconnu”, soupire la quadragénaire.

Des manifestations ont également eu lieu à Nantes, Toulouse, Grenoble ou bien encore Bordeaux, où 300 personnes se sont rassemblées devant l’hôpital Pellegrin, soutenues par le son des sirènes et klaxons des ambulances et du Samu.

“On ne va pas se contenter de médailles et de jours de congés, on demande des réouvertures de lits et des revalorisations de salaire”, a prévenu Gilbert Moudun, infirmier anesthésiste au Smur Gironde et délégué syndical SUD Santé Sociaux.

Ces manifestations s’inscrivent dans le cadre des “mardis de la colère”, destinés selon leurs organisateurs à “maintenir la pression” sur le gouvernement, en attendant une journée de mobilisation nationale prévue le 16 juin.

Les annonces de lundi “restent trop floues. Comme toujours, on a des promesses, de bien belles paroles, des primes… Mais nous, c’est du concret qu’on veut, plus de moyens, plus de personnel”, a prévenu Pauline Pomarel, aide-soignante venue à la manifestation toulousaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite