Le chef des droits de l’homme de l’ONU a exhorté vendredi l’armée pakistanaise et les forces de sécurité afghanes à mettre immédiatement fin aux combats et à donner la priorité à l’aide aux millions de personnes qui dépendent de l’assistance humanitaire.
Fin février, l’armée pakistanaise, qui accuse l’Afghanistan d’offrir un refuge aux talibans pakistanais responsables de nombreux attentats sur son territoire, a mené des frappes aériennes sur Kaboul, Kandahar et le sud-est de l’Afghanistan, en réponse à une attaque contre des bases militaires pakistanaises.
Depuis cette intensification des hostilités la semaine dernière, 56 civils afghans, dont 24 enfants et six femmes, ont été tués, selon les Nations Unies.
« 129 autres personnes, dont 41 enfants et 31 femmes, ont été blessées », a précisé le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) dans un communiqué de presse.
Selon l’ONU, près de 66.000 personnes ont été déplacées en Afghanistan à la suite des derniers combats.
Au Pakistan, les bombardements et autres tirs ont également contraint des populations à fuir leurs foyers. Au moins deux écoles auraient été touchées et plus de 100 autres ont dû fermer leurs portes.
« De part et d’autre de la frontière, les civils sont contraints de fuir les frappes aériennes, les tirs d’artillerie lourde, les obusiers et les tirs d’armes à feu », a affirmé le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, qui a exhorté « toutes les parties à mettre fin au conflit » et « à donner la priorité à l’aide aux personnes en situation de détresse extrême ». Türk a aussi appelé les autorités pakistanaises et afghanes à prendre des mesures efficaces pour assurer la protection des civils.
« En raison des violences, l’aide humanitaire ne peut atteindre nombre de personnes qui en ont désespérément besoin. Cela ne fait qu’aggraver leur situation », a déploré M. Türk.
Près de 22 millions de personnes – soit près de la moitié de la population afghane – ont besoin d’une aide humanitaire, dont plus de 11,6 millions d’enfants, selon l’ONU.
