Coronavirus : sécurité alimentaire et “couloirs verts”

La guerre a été déclarée à la pandémie du coronavirus par tous les présidents et dirigeants du monde que ce soit à travers des discours directs ou par des décisions ou des mesures

C’est une guerre qui a mobilisé tous les moyens de santé, hôpitaux mobiles et équipes médicales civiles et militaires contre le Covid-19. Les pays du monde se sont appliqués à faire respecter la décision du confinement de différentes manières, notamment des amendes et un durcissement des contraventions pour non-respect des mesures de précaution qui diffèrent d’un pays à un autre. Une occasion d’ailleurs de rendre un vibrant hommage aux différents corps des pouvoirs publics marocains pour toutes les images de civisme et d’humanité spontanées qui ont imprégné leurs interventions pour le respect du confinement.

Soutenir le front de la sécurité sanitaire avec de nouveaux établissements de santé, renforcer le personnel médical et fournir des respirateurs et des masques avec des campagnes de mobilisation et de sensibilisation dans tous les médias. Ce sont sûrement des étapes importantes que l’on franchit vers la victoire sur cet ennemi invisible qu’il faudra circonscrire dans le lieu et en termes de temps et de nombre de victimes.

Toutefois, déclarer la guerre ne signifie aucunement paralyser tous les secteurs vitaux de production, notamment ceux qui soutiennent l’action de cette guerre, et c’est bien l’équation qui préoccupe les gouvernements européens que ce soit au niveau du pays (souveraineté nationale) ou dans le cadre de l’Union européenne (souveraineté européenne). Il s’agit en effet d’assurer aux peuples européens la « sécurité alimentaire » en même temps que la « sécurité sanitaire » en temps de pandémie …

Au niveau de la gestion locale, la majorité des pays européens ont procédé à la définition des secteurs stratégiques qui n’admettent pas la fermeture ou l’arrêt de la production, au sens où il faudra préserver la bonne marche des chaînes d’alimentation et de logistique et tout ce qui garantit la sécurité alimentaire de leurs populations.

Quant à l’Union européenne, malgré tout ce qui a été avancé sur le choc et le tremblement de terre qui se serait emparé de ses institutions٬ elle a tout de même essayé de maintenir un “couloir d’oxygène” et de permettre le passage des camions et des services médicaux au moment où tous les pays européens ont fermé leurs frontières, ce qui a suspendu la libre circulation dans l’espace Schengen. D’autre part, les “couloirs verts” ont formé ce tuyau d’oxygène pour que l’Union européenne puisse survivre jusqu’à présent.

Ces « couloirs » ont d’ailleurs été au centre de la réunion des ministres des transports de l’UE le 18 mars où des lignes directrices ont été adoptées pour garantir la liberté de transport terrestre, maritime et aérien au sein des frontières de tous les membres de l’Union européenne permettant ainsi à la Commission européenne de tracer une carte des gares routières nationales ainsi qu’une plateforme d’information spéciale sur les transports et la mobilité adoptée dans chaque pays de l’Union en cette période critique.

La lecture objective de ces éléments nous ramène à la réalité que, compte tenu des dommages causés à de nombreux secteurs productifs suite aux effets de la pandémie du coronavirus, notamment dans les pays du sud de l’Union européenne (France, Italie et Espagne), en particulier les secteurs du tourisme, des services, de l’agriculture, de la production alimentaire et des travaux de construction, tous les pays européens doivent désormais renouveler les outils de production et trouver une main d’œuvre qualifiée spéciale pour les récoltes agricoles dans le sud de l’Italie et la région andalouse et la Catalogne en Espagne, ainsi que dans de nombreuses régions françaises et dans d’autres pays de l’UE. Ils auront également besoin de main-d’œuvre pour les secteurs de tourisme, des services et des travaux de construction et tant d’autres pour surmonter la frappe de cette pandémie.

Ce sont les points qui ont été soulevés lors d’une réunion des ministres de l’agriculture de l’Union européenne au sein du Comité européen de l’agriculture en mars dernier. Plusieurs recommandations importantes ont alors été formulées, dont la garantie de la libre circulation des produits agricoles et des travailleurs agricoles à travers des “couloirs verts”, ainsi que des programmes de soutien aux agriculteurs et à la logistique qui y est liée. L’objectif est de sauver les industries agricoles, de soutenir les agriculteurs et de faciliter la gestion des travailleurs agricoles, tout en leur assurant les conditions de sécurité et de santé afin de garantir la sécurité alimentaire en ces temps de guerre déclarée contre le coronavirus.

*Abdellah Bousouf,

Secrétaire Général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger

 

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