La Déclaration de Rabat renforce les efforts internationaux contre le phénomène des enfants soldats (expert international)
Dans une déclaration à la presse à l’occasion d’une table-ronde de haut niveau organisée en marge de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, dans le cadre de la série de conférences consacrées à la Déclaration internationale de Rabat, M. Blerim a souligné que deux éléments de cette déclaration lui paraissent essentiels.
Cet expert en conflits internationaux et en droit international a cité en premier lieu « l’accent mis sur la réintégration des enfants », rappelant que de nombreux mineurs passent des années au cœur des conflits armés avant de devoir “retourner à la vie civile et retrouver leur place en tant que citoyens ordinaires”.
Selon lui, l’absence d’accompagnement adéquat peut conduire certains d’entre eux à se retrouver dans des situations précaires susceptibles de les pousser vers des groupes criminels, d’où l’importance de mécanismes efficaces de réinsertion afin de “briser ce cycle de violence”, tout en luttant contre la stigmatisation dont peuvent être victimes les anciens enfants soldats au sein de leurs sociétés.
Le second aspect clé concerne la justice transitionnelle, a-t-il poursuivi, relevant que “la justice doit prévaloir” dans les sociétés sortant de conflit afin de “panser les blessures laissées par les conflits armés et permettre une véritable réconciliation nationale”.
M. Blerim a indiqué que les échanges tenus lors de cette rencontre entre experts, dont d’anciens responsables des Nations Unies, ont permis d’examiner les moyens par lesquels la Déclaration de Rabat peut contribuer à améliorer la situation des enfants affectés par les conflits armés, notamment à travers le renforcement des cadres législatifs et des politiques publiques visant à favoriser leur réintégration en tant que citoyens à part entière.
Interrogé sur la portée internationale de ce texte, l’expert a estimé que la Déclaration de Rabat “joue un rôle important” et s’inscrit dans la continuité d’autres instruments internationaux tels que les Principes de Paris et la Déclaration de Vancouver, notant que les trois cadres normatifs sont “liés les uns aux autres” et contribuent à améliorer les normes et les législations afin de mieux comprendre les facteurs qui poussent les enfants à rejoindre des groupes armés et de renforcer les politiques de prévention et de réintégration dans les pays concernés.
Selon ce Vice-Recteur du Geneva Nations Institute, environ “400.000 à 500.000 enfants soldats” seraient impliqués chaque année dans des conflits armés à travers le monde, notant qu’il s’agit d’estimations difficiles à vérifier en raison de la nature souvent opaque des conflits et de la présence de nombreux groupes armés non étatiques.
Pour ce qui est des mécanismes de poursuite, il a rappelé le rôle de la Cour pénale internationale, qui peut traiter certains cas impliquant des groupes armés, ainsi que l’initiative récente du Secrétaire général des Nations Unies, visant à engager un dialogue avec des acteurs non étatiques afin d’élaborer des plans d’action destinés à réduire le recours aux enfants dans les conflits armés.
A rappeler que la Déclaration de Rabat a été adoptée lors de la Conférence ministérielle africaine sur le DDR des enfants soldats, tenue le 20 novembre 2025, sous le thème “Construire des voies durables pour les enfants touchés par les conflits armés”.
Ce document a été inscrit sous le point 67 de l’agenda de l’Assemblée Générale intitulé “Promotion et protection des droits de l’enfant”, ainsi que parmi les documents officiels du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
