« Quarante décès sont actuellement confirmés », a déclaré le président de la région d’Andalousie, Juan Manuel Moreno, lors d’une conférence de presse. « Au cours des prochaines 24 à 48 heures, nous pourrons déterminer avec certitude le nombre total de victimes causées par ce terrible accident », a-t-il ajouté.
L’accident s’est produit dimanche à 19h45 (18h45 GMT), près d’Adamuz, à environ 35 kilomètres de Cordoue, lorsque deux trains à grande vitesse circulant sur des voies parallèles en sens opposés sont entrés en collision, transportant près de 500 passagers au total.
Selon les autorités, un train de la compagnie privée Iryo reliant Malaga à Madrid avec environ 300 passagers à bord a déraillé avant de se déporter sur la voie adjacente, percutant un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole qui circulait en direction de Huelva avec 184 passagers. Les wagons arrière du train Iryo ont déraillé et heurté les deux premiers wagons du convoi de la Renfe, projetant ces derniers « hors des rails », a précisé le ministre des Transports, Óscar Puente.
« Nous établirons la vérité, nous connaîtrons l’origine de cette tragédie et, avec une transparence et une clarté absolues, nous en informerons l’opinion publique », a assuré le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, lundi après-midi à Adamuz.
Survenue en ligne droite, sur une portion de voie récemment rénovée, la collision demeure à ce stade inexpliquée, le ministre des Transports évoquant un accident « extrêmement étrange ».
Le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia, a indiqué pour sa part sur la radio publique que « l’erreur humaine est pratiquement écartée », estimant que l’accident pourrait être lié « au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure ».
Sur ce tronçon de voie, où la vitesse maximale autorisée est de 250 km/h, celle-ci ne serait pas en cause, a-t-il précisé, indiquant qu’un des trains circulait à 205 km/h, et l’autre à 210 km/h.
Un deuil national de trois jours doit débuter à minuit (23h00 GMT) et se poursuivre jusqu’à vendredi à minuit, a annoncé le président du gouvernement Pedro Sánchez.
La reprise des liaisons ferroviaires entre Madrid et les principales villes d’Andalousie ne devrait pas intervenir avant « autour du 2 février », compte tenu de l’ampleur des dégâts sur les infrastructures, a indiqué le ministre des Transports.
En juillet 2013, l’Espagne avait déjà été endeuillée par un grave accident ferroviaire, lorsqu’un train avait déraillé peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, faisant 80 morts.

