Dans la capitale régionale, Petropavlovsk-Kamtchatsky, rues, voitures et immeubles ont été littéralement engloutis sous des accumulations atteignant des niveaux rarement observés.
Dans la ville, le paysage a basculé dans un décor quasi irréel. Les rues se sont transformées en tranchées étroites creusées entre d’imposants murs de neige, parfois aussi hauts que le premier ou le deuxième étage des immeubles. Des images diffusées par les médias et sur les réseaux sociaux montrent des habitants progressant péniblement, la neige jusqu’à la poitrine, creusant des passages à la pelle pour rejoindre la chaussée. Les lampadaires émergent à peine de la surface blanche, et les panneaux de signalisation semblent flotter au-dessus d’une mer de neige, donnant à la ville l’apparence d’un paysage figé, presque inhabité.
Selon les services météorologiques, 150% de la norme mensuelle de précipitations est tombée sur Petropavlovsk-Kamtchatsky durant la première moitié du mois de janvier. Dans la nuit de dimanche à lundi, plus de 2.500 mètres cubes de neige ont été évacués hors de la ville, grâce à la mobilisation de plus de 30 camions-bennes, notamment autour d’un important carrefour du centre urbain. Deux cyclones majeurs ont atteint les côtes du Kamtchatka les 13 et 15 janvier, entraînant la mise en place d’un régime d’état d’urgence au niveau municipal.
Les autorités locales ont fait état d’au moins deux décès liés aux intempéries causés par la chute de blocs de neige et de glace depuis les toits d’immeubles, alourdis par l’accumulation exceptionnelle. L’état d’urgence a été décrété dans plusieurs districts de la péninsule. Les écoles, les crèches et de nombreuses administrations ont été fermées, tandis que les transports en commun fonctionnent de manière très limitée. Les autorités ont recommandé aux entreprises de recourir au télétravail et aux résidents de rester chez eux, sauf en cas de nécessité.
Région volcanique et montagneuse habituée aux hivers rigoureux, le Kamtchatka n’avait toutefois pas connu de telles accumulations en un laps de temps aussi court depuis plusieurs décennies, selon les autorités locales.

