Le parlement turc autorise une intervention de l’armée turque en Syrie et en Irak

Le parlement turc a approuvé, jeudi, la résolution du gouvernement pour autoriser une intervention de l’armée turque contre les jihadistes de l’Etat Islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Ce texte, adopté par 298 voix, prévoit la possibilité de conduire des opérations militaires sur le territoire de ses deux voisins mais également le stationnement ou le passage en Turquie de soldats étrangers qui prendraient part à ces opérations.

Cette résolution, un mandat très large, renouvelle pour un an des autorisations déjà données à l’armée turque sur l’Irak et la Syrie. Celle sur l’Irak est reconduite annuellement depuis 2007 pour permettre aux forces turques de combattre les éléments du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de mener des frappes contre leurs bases-arrières dans les montagnes Kandil (nord Irak).

Celle relative à la Syrie fut adoptée pour la première fois en 2012 suite aux tensions entre Ankara et Damas et permet à l’armée de riposter de manière systématique aux tirs qui atteignaient le sol turc en provenance de la Syrie.

Face aux risques et menaces visant la sécurité aux frontières terrestres méridionales turques, la résolution autorise les autorités à prendre toutes les mesures pour contrer ces risques et les troupes turques à mener des interventions transfrontalières, si nécessaire, et de déployer des soldats dans les pays étrangers.

La Turquie n’admettra pas que ‘ses bases militaires ni son territoire soient utilisés pour combattre les jihadistes et atteindre des solutions temporaires” si l’objectif de la stratégie internationale n’inclut pas la chute du régime syrien, une des priorités pour Ankara, a réitéré, mercredi, le président Recep Tayyip Erdogan à l’ouverture de la session parlementaire.

Les raids aériens ne mettront pas fin de façon permanente au terrorisme mais seulement ‘ résoudront une partie du problème en reportant le danger et la menace”.

La Turquie fait aussi le forcing sur la communauté internationale pour la création d’une zone tampon à l’intérieur de la Syrie et d’une zone d’exclusion aérienne afin d’assurer ses frontières, de protéger les réfugiés et d’éviter l’entrée dans son territoire de militants de l’Etat islamique.

Deux brigades de l’armée, soit dix mille hommes, devront sécuriser cette zone, et une troisième restera, du côté turc des frontières, en alerte pour le renforcement de cette zone où trouvent refuge les syriens et irakiens fuyant les jihadistes.

Des appareils des forces aériennes des aéroports militaires de Malatya, Batman et Diyarkabir apporteront le soutien et l’assistance aux troupes au sol et des unités héliportées seront aussi déployées aux frontières pour de possibles interventions de l’autre côté des frontières, rapportent les médias turcs.

Des chars avec les canons dirigés vers la localité syrienne d’Aïn Al Arab et des véhicules blindés sont déployés, depuis lundi, sur des collines dominant la localité, située à dix kilomètres des frontières, après la chute d’obus de mortier en territoire turc de Syrie.

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