La guerre algérienne contre le Maroc n’aura pas lieu !

En apparence, la situation entre l’Algérie et le Maroc est au bord de l’explosion, voire la déflagration. Car après la rupture des relations diplomatiques, seule la phase de la confrontation militaire est envisagée. Et comme l’escalade n’a pas l’air de se calmer, beaucoup envisagent ce scénario catastrophe.

Et pourtant la guerre militaire algérienne contre le Maroc n’aura pas lieu. Et ce n’est pas par manque de volonté de la part d’Alger ou de moyens. Ces dernières décennies, le régime algérien a passé la majeure partie de ses dépenses à amasser un impressionnant arsenal militaire, notamment russe, qu’il ne rate aucune occasion d’exhiber.

Cette guerre fantasmée dans de nombreux journaux algériens, dont la principale occupation et parfois l’unique raison d’être est d’haranguer contre le Maroc et ses institutions, n’aura pas lieu pour des raisons objectives.

La première et sans doute la plus importante réside dans l’absence d’unanimité algérienne, notamment au sein même de l’institution militaire, sur la nécessité de faire la guerre au Maroc pour défendre les séparatiste du Polisario à jouir d’une soi-disant “indépendance”. L’affaire du Polisario n’a jamais été une cause populaire algérienne mais plutôt un dossier compartimenté des services de renseignement algériens.

Pour pallier à ce grand déficit d’adhésion, la propagande algérienne a tenté d’accoler au Maroc le rôle de “déstabilisateur”, à travers ses déclarations sur la Kabylie ou la normalisation de ses relations avec Israël. Mais là aussi, l’opinion algérienne n’achète pas ces accusations qui semblent, comme le montrent les réactions sur les réseaux sociaux, suffisamment loufoques pour en faire un argument de mobilisation guerrière.

La seconde raison et non des moindres est le positionnement dissuasif d’un voisinage européen. Quand on a été mordu par le serpent de la guerre libyenne, on semble craindre la corde de l’escalade entre le Maroc et l’Algérie, pourrait-on paraphraser une célèbre maxime. Les capitales de l’Europe, notamment celles qui disposent d’une influence notoire sur la gouvernance algérienne, Madrid, Paris et Berlin, n’ont aucun intérêt stratégique à ce que la guerre éclate entre les deux grandes puissances du Maghreb.

Avec en tête deux cauchemars sécuritaires majeures. Le premier est la consolidation « d’un flux migratoire » des plus tendus et des plus ingérables. Et le second est la renaissance des dizaines d’organisations terroristes qui pullulent dans la région et qui n’attendent qu’un début de chaos pour contrôler des territoires et mettre à l’œuvre leurs agendas.

Pour l’Europe, cette région du Maghreb, à la fois mur porteur de la stabilité en Méditerranée et  incontournable porte vers l’Afrique, est d’une vitale sensibilité stratégique pour laisser quelques généraux algériens, que leur haine grabataire contre le Maroc a rendu fous et aveugles, jouer avec son avenir.

Ces deux raisons, des freins internes et des pressions externes sont logiquement susceptibles d’éloigner le spectre de la guerre physique et de la confrontation militaire entre Rabat et Alger comme certains semblent le craindre et d’autres le souhaiter ardemment.

Il n’empêche pas par ailleurs la poursuite d’une guerre algérienne contre le Maroc avec d’autres moyens et d’autres méthodes. Ayant tardivement fait le constat que malgré ses immenses investissements financiers et militaires dans la cause séparatiste, Alger a perdu cette bataille devant les grandes performances diplomatiques marocaines, le régime algérien tente renforcer son appareil diplomatique avec l’espoir de regagner du terrain.

Mais ces décisions n’auront aucune influence sur le cours de l’histoire. Elle ressemblent à des décisions prises lors des temps d’arrêts d’un match de foot alors que la partie est définitivement pliée au profit du Maroc dans ce bras de fer diplomatique et militaire qui aura duré plus de quatre décennies.

L’actuelle classe politique et militaire qui dirige l’Algérie a décidé de continuer à considérer le Maroc comme un ennemi et un concurrent malgré les nombreuses mains tendues de réconciliation. Elle est tellement verrouillée dans sa détestation du voisin marocain qu’elle rêve d’enfermer les prochaines générations dans sa logique de rupture.

Devant cette impasse actuelle où le régime militaire algérien s’entête à nourrir la discorde et les thèses complotistes les plus farfelues pour tenter de masquer ses échecs,  la région est condamnée à attendre que le temps accomplisse son œuvre d’érosion naturelle et remette sur la selle des dirigeants plus enclins au dialogue, au rapprochement et à la réconciliation.

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