La Banque d’Espagne met en garde contre le risque croissant des crypto-actifs pour la stabilité financière

La Banque d’Espagne a averti que la croissance exponentielle des échanges de crypto-monnaies et le fait que les crypto-monnaies qui ne sont pas adossées à des actifs financiers traditionnels (comme le bitcoin ou l’ethereum) représentent plus de 80 % de la valeur de marché de ces instruments et présentent un risque croissant pour la stabilité financière.

C’est ce qu’indique un chapitre dédié aux cryptoactifs qui sera inclus dans le prochain rapport de la Banque sur la stabilité financière, dans lequel elle souligne qu’une coordination internationale pour réglementer ce segment du marché financier, ” susceptible de générer un arbitrage réglementaire “, est “essentielle”.

La Banque d’Espagne n’a pas actuellement la capacité de réglementer ces marchés, car il n’existe pas de réglementation nationale des cryptoactifs, précise le document, publié mardi.

Les principales cryptoactifs ont multiplié par 13,4 leur valeur de marché entre le début de 2020 et leur pic en novembre 2021 et par 7,8 jusqu’aux dernières données de février 2022.

En outre, le superviseur financier a observé une “corrélation significative” entre les différentes crypto-monnaies, ce qui suggère qu’une correction de la valeur d’une crypto-monnaie pourrait se propager aux autres dans un scénario de faible différenciation sur une grande partie du marché.

Tout cela indique une “importance systémique croissante”, selon la Banque d’Espagne, qui souligne également que, bien que les risques assumés par les détenteurs individuels de crypto-actifs puissent être très élevés, “ils ne représentent pas nécessairement un risque systémique”, car il faudrait pour cela que ces marchés aient un volume ou un nombre “critique” d’interconnexions qui pourraient, en cas de difficultés, déstabiliser le système financier.

L’analyse de la Banque d’Espagne montre également que la volatilité des marchés de cryptoactifs non adossés est supérieure à celle des marchés d’actions, avec lesquels ils affichent une corrélation plus élevée depuis 2020, ce qui augmente le risque de contagion indirecte, tant dans les économies avancées que dans les économies émergentes.

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